L'Association syndicale des magistrats: "L'attitude de Jan Jambon est totalement inadmissible"

L’Association syndicale des magistrats : « L’attitude de Jan Jambon est totalement inadmissible »
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Depuis dimanche soir, nous vivons une véritable levée de boucliers du côté du corps judiciaire. En cause : les propos du ministre de l’Intérieur jan Jambon sur le plateau de la VRT… Il donne son avis sur la plaidoirie de l’avocat de Salah Abdslam, Sven Mary, et affirme que sa demande d’acquittement est improbable. Une attitude jugée inacceptable de la part d’un membre du gouvernement.

Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats, rappelle pourquoi ses propos sont déplacés :

"C’est un avis qui émane d’un ministre. Un membre de l’exécutif, qui détient des fonctions très importantes. Or il vient nous dire qu’un acquittement est tout à fait improbable. Moi je ne connais pas le dossier, mais j’imagine que la magistrate est déjà moins à l’aise… C’est totalement inadmissible".

Encourt-il quelque chose ?

"Nous voyons bien que depuis plusieurs mois, personne n’encourt quoi que ce soit. Il y a quelques temps, Theo Francken annonçait qu’il ne respecterait pas des décisions de justice. Il ne s’est juste rien passé. Et nous avons un ministre de la justice (Koen Geens) qui dit de façon totalement décomplexée depuis plusieurs années qu’il n’applique pas la loi sur les effectifs, qui prévoit autant de magistrats par palais, autant de greffiers, autant d’employées, etc. L’indépendance n’y trouve plus son compte".

Une tendance qui n’est pas récente, selon Manuela Cadelli….

"On observe depuis le début des années 2000, et depuis le début du contexte sécuritaire lié aux attentats, que les politiques n’hésitent à remettre en cause le pouvoir judiciaire. Il y a eu Berlusconi en Italie, François Fillon ou Nicolas Sarkozy en France… On a atteint le paroxysme du syndrome en Turquie, où 4000 juges ont été incarcérés durant l’été 2016".

En Belgique, nous en sommes pas encore là. Mais la président de l’Association syndicale des magistrates y voit tout de même un signe : "On ne pourra pas dire que nous n’avions pas été prévenu de cette amorce d’un mouvement qu’on peut qualifier de post-démocratique, ou même d’anti-démocratique".

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