Visite sonore et dessinée du nouveau musée Kanal-Centre Pompidou à Bruxelles

Ce n’est plus vraiment un garage, mais ce n’est pas encore entièrement un musée non plus. Ce week-end, au lancement du nouvel espace Kanal, l’art contemporain a fait ses premiers pas dans l’ancien et mythique garage Citroën, où les places de parking sont encore bien visibles sur le béton.

Soir Première a eu la chance de recevoir une visite guidée en compagnie d’Yves Goldstein, le chargé de mission du gouvernement bruxellois pour le projet Kanal, et de Bernard Blistène, le directeur du centre Pompidou. Une visite que nous avons décidé d’illustrer non pas en photos, mais en dessins…

L’entrée du musée se fait par le quai, à côté duquel le bâtiment apparaît comme un gigantesque bateau vitré. C’est là que nous attend Yves Goldstein, qui nous explique sa volonté de créer plus qu’un musée. "L’idée est créer une mini ville culturelle", dit-il.

D’ailleurs, l’art contemporain n’est pas le seul invité en ces lieux. Toutes sortes d’activités et d’installations se côtoieront. Premier exemple : il nous emmène, à gauche de l’entrée, dans un véritable studio de cinéma.

L'usine des films amateurs

"L’Usine des films amateurs, c’est un studio de près de 1000 mètres carré qui regroupent plusieurs décors et ambiances". On retrouve ici une vidéothèque à l’ancienne, une cabine de train, une cuisine sixties… Mais le plus intéressant, c’est que ces studios peuvent servir à tous : "Ici, les gens pourront s’inscrire et venir gratuitement, trois jours par semaine, tourner un film amateur. Ils seront encadrés par des médiateurs pour écrire leur scénario, tourner, et mixer leur film pour repartir avec".

Tinguely à l'honneur

Retour dans la salle principale. L’espace est majestueux, et en son centre, se dresse une œuvre de Jean Tinguely. C’est au tour de Bernard Blistène de nous expliquer : "Ce lieu est si fort qu’il a été le fil rouge de tout ce que nous avons voulu faire. Et rien de mieux, comme allégorie du lieu, que cette œuvre de Jean Tinguely, qui date de 1984. Et outre ce clin d’œil-là, tout ce qui nous a guidé, c’est l’histoire du lieu".

La voiture dans tous ses états

Pour incorporer l’art contemporain parmi les vestiges du garage, le projet Kanal a laissé libre cours à l’audace. Et même, pouvons nous remarquer des traces d’humour cachées ici et là. Nous découvrons ainsi, avec Bernard Blistène, une œuvre du célèbre César : "Nous sommes dans des boites qui servaient à peindre les voitures, explique-t-il. Nous, on a posé dans ces espaces différentes œuvres, comme cette compression de César. Et elle donne le sentiment, oserais-je dire, qu’elle a été faite dans ce lieu". A nous d’imaginer que cette masse de tôle pourrait être la fin de vie d’une voiture qui avait été peinte entre ces quatre murs.

Nous arrivons bientôt au terme de notre visite. Nous n’avons poussé toutes les portes, ni montés tous les marches de ce labyrinthe, mais nous avons commencé à comprendre le souhait qu’Yves Goldstein nous a confié au début de notre rencontre : "Je voudrais que les gens ne viennent pas ici au musée. Mais je voudrais qu’il y viennent pour vivre. Pour prendre du bon temps, et en consommant par la même occasion de la culture".

Pour réécouter l’intégralité du reportage sonore d’Arnaud Ruyssen :

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