Indemnités de sortie et salaire des députés: des montants trop élevés?

C’est un sujet dont beaucoup de parlementaires ne préfèrent pas parler… Et pourtant, les indemnités parlementaires font souvent couler beaucoup d’encre, que ce soit les rémunérations comme députés, mais aussi les indemnités de sortie. Mais que représentent-elles réellement ? Et sont-elles justifiées ? Pour en débattre, Soir Première a invité Christine Mahy, secrétaire générale du réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, et Didier Gosuin, ministre sortant de la région Bruxelles-capitale et membre de Défi.

L’indemnité de sortie est une indemnité mensuelle. Selon nos estimations, on tourne autour d’un montant de 5000 euros nets d’impôts, qui est payé pendant un certain nombre de mois après la fin d’un mandat. Cette durée est calculée sur base du nombre d’années de mandat, et varie donc d’un parlementaire à l’autre.

Aujourd’hui, un an d’exercice parlementaire donne droit à deux mois d’indemnité de sortie, alors qu’auparavant, c’était le double. A titre d’exemple, Didier Gosuin fait partie de l’ancien système, et témoigne que personnellement, cette durée a été établie à 4 ans. On peut donc estimer que son indemnité de sortie s’élève au-dessus des 200 000 euros nets. Alors ce montant est-il justifié ?

"Oui, et non", répond Didier Gosuin, qui a eu une longue carrière d’élu au Parlement bruxellois. "Moi, je n’ai aucun problème à ce qu’on revoit le système. D’ailleurs il a déjà été revu de deux manières, d’abord en diminuant de moitié la durée, et en plafonnant le montant en cas d’un autre exercice public. Il fallait le faire. Mais ce montant est-il justifié ? Je dis oui, pour les politiques qui ont décidé de faire de la politique à temps plein. En 1989, je suis rentré au Parlement, j’ai renoncé à ma fonction privée. J’ai fait un choix, mais j’aurais pu me retrouver dans une situation sans emploi. Donc pour moi, il n’est pas illégitime que des élus qui prennent le risque de s’engager dans la vie publique aient une sécurité. Cette sécurité, n’importe qui l’a d’ailleurs dans la fonction publique ou dans la fonction privée".

Pour Christine Mahy, il n’est pas question de dire que la fonction politique n’est pas importante, au contraire, mais selon elle, certaines choses sont à revoir : "Ces indemnités sont reçues alors qu’il y a déjà eu un salaire élevé pendant la carrière politique. Alors si je pense qu’il en faut une, car il faut permettre à tout le monde de pouvoir faire de la politique, elle ne devrait pas être aussi élevée". Elle compare la situation à celle d’un chômeur : "Si on prend quelqu’un qui est au chômage, et qui touche 65% du brut le plus élevé… Le brut commence à 2671, et il aura donc 65% de ce montant".

Le salaire en tant que tel

Le salaire moyen d’un belge tourne autour des 3300 euros bruts, alors que celui d’un député s’approche des 9000 euros bruts. Est-ce un salaire trop élevé ?

Didier Gosuin répond : "La question peut être discutée. Je pense qu’on pourrait faire un effort. A titre personnel, j’ai dans mon éthique de renoncer à toutes sortes d’autres avantages dans le système politique". Mais qui pourrait en discuter ? Les élus, qui seraient directement concernés par cette décision ? "Ah ça…, dit-il, qu’est-ce que vous voulez… Ou alors, il faut des super élus qui discutent du statut des élus, mais qui va s’occuper du statut des super élus ? Il ne faut pas non plus tomber dans la démagogie. Mais oui, la question peut être mise sur la table".

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