"Il n'y a que Donald Trump qui croit en la déclaration entre les Etats-Unis et la Corée du Nord"

"Il n'y a que Donald Trump qui croit en la déclaration entre les Etats-Unis et la Corée du Nord
"Il n'y a que Donald Trump qui croit en la déclaration entre les Etats-Unis et la Corée du Nord - © KCNA - REUTERS

Il y a tout juste un an, des essais nucléaires menés par la Corée du Nord faisaient trembler la terre, et inquiétaient la communauté internationale. Pyongyang ne cachait pas que le pays développait une bombe à hydrogène, la bombe H. S’en est suivi une escalade de tension, surtout en les Etats-Unis et la Corée du Nord. Mais qu’en est-t-il aujourd’hui ? Entretemps, on sait que le réchauffement entre les deux pays a conduit à un " accord de dénucléarisation ", mais dans la pratique, que se passe-t-il ?  Réponse dans Soir Première avec Bruno Hellendorf, chercheur à l’Institut Egmont, au Grip et à l’EPC.  

On se souvient de l’accord historique de juin dernier, dans lequel la Corée du Nord s’était engagée à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne. Mais est-on entré dans la traduction concrète de cet accord ?

"Non, pas du tout, explique Bruno Hellendorf, car déjà ce n’était pas un accord. C’était une déclaration conjointe. Aujourd’hui, il n’y a qu’une personne qui croit véritablement en cette déclaration : c’est Donald Trump. Mais c’est bien la Corée du Nord qui en tire les fruits".

2018, l’année de la détente, mais une situation toujours instable

Il est clair qu’il y a eu un tournant dans les relations entre les deux pays. Mais pour le chercheur, cela ne veut pas forcément dire que la situation actuelle n’est pas menaçante : "On est passé d’une année 2017 qui avait été marquée par une escalade nucléaire et balistique. La Corée du Nord posait un danger nucléaire crédible. Crédible pour les pays de la région, mais également pour les Etats-Unis. Ensuite, 2018 a été l’année de la détente. Et ce n’était pas seulement dû à l’administration américaine, que du contraire. C’est l’administration sud-coréenne qui a pris la main, et qui a réussi à maintenir un rythme de négociation avec la Corée du Nord. Mais donc aujourd’hui, on est dans une situation extrêmement instable de la part de la Corée du Nord. D’une part car elle maintient la pression, et d’autre part parce qu’on a un président américain qui est imprévisible".

"Peu de personnes croient que la Corée du Nord va abandonner ses armes nucléaires"

La situation est, selon l’analyse du chercheur, finalement peu différente d’avant la déclaration commune :

"Soyons francs. Il y a très peu de personnes qui croient que la Corée du Nord va abandonner unilatéralement ses armes nucléaires. Elle a tellement sacrifié pour les obtenir qu’on la voit mal abandonner ça sans contrepartie majeure. Avec ce constat, on se rend qu’il n’y a pas eu de changement dans la politique nord-coréenne. Ce qu’ils ont toujours clamé, c’était que leur arme nucléaire était à vocation défensive, et qu’à partir du moment où il n’y aurait pas de menace qui pèserait leur régime, ils pourraient très bien s’en passer. Et donc, ce qu’ils ont fait, c’est mener un processus de négociation d’égal à égal avec les Etats-Unis. Tandis que les Etats-Unis, ou en tout cas Donald Trump a cru qu’il signait un accord avec un engagement ferme et définitif".

Pour lui les risques sont toujours présents, même si certains signes, venant notamment de la Corée du Sud, sont encourageants.  

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