Grève des femmes: "Les syndicats ont des années de retard", selon le Collecti.e.f 8 maars

Ce vendredi 8 mars, date de la journée mondiale des Droits des Femmes, le "Collecti.e.f 8 maars" appelle toutes les femmes de Belgique à faire grève, tant dans leur vie professionnelle, que du côté de leur vie de famille, ou encore de la consommation pour réagir contre tout ce qui concerne la "taxe rose".

Cet appel à la grève est soutenu par 3 organisations syndicales sur 4. L'organisation absente, c'est la CGSLB. Olivier Valentin, secrétaire national du syndicat libéral, explique ce choix dans Soir Première, au micro de Nicolas Vandenschrick et face à Ruth Paluku-Atoka, membre du "Collecti.e.f 8 maars".

Pourquoi la CGSLB n'appelle pas à la grève ?

La CGSLB est le seul syndicat de Belgique à ne pas soutenir le mouvement de vendredi. Une décision prise d'un commun accord avec l'ensemble de l'organisation, explique Olivier Valentin. "Dans nos statuts, dans la manière dont on voit les actions syndicales, on utilise la grève uniquement quand d'autres moyens d'action ne sont plus possibles. Ce qui est important, c'est de voir tout ce qu'on peut faire au jour le jour, notamment par la concertation, mais aussi par le lobby au niveau du pouvoir politique, avec la mise en place de réglementations plus contraignantes pour lutter concrètement contre les discriminations dont les femmes sont victimes. Notamment sur la question de l'écart salarial qui est toujours de plus de 20%, ou sur la question du plafond de verre. Ce sont des points sur lesquels nous voulons du progrès."

Mais, justement, ce problème de l'écart salarial, ne serait-il pas une bonne raison de faire grève ? "Ça serait une bonne raison de faire grève de manière structurelle. Mais la question c'est par rapport à cette journée du 8 mars. Nous voulons travailler sur le long-terme. Nous avons estimé que ce n'était pas le fait de faire grève ou non qui allait changer les choses."

Il faut saisir le moment

La grève défendue par le "Collecti.e.f 8 maars" veut représenter les femmes de tous les horizons : les femmes qui ont des temps partiels, celles qui ne travaillent pas, les mères au foyer, les étudiantes, ... Bref, détourner l'outil de grève pour l'adapter aux problèmes qui concernent les femmes. Et, selon Ruth Paluku-Atoka, l'époque actuelle permet, plus que jamais, d'interpeller de manière efficace. "On est dans une période où des faits sexistes et de violences faites aux femmes sont enfin dénoncés : la vague #metoo, la "Ligue du LOL" en France, ... Des choses se mettent en place et on a envie de saisir cet instant, de saisir un espace qui nous est offert ! On sait que le seul jour où on fera grève, tout le travail va nous revenir le lendemain. Mais la grève qu'on est en train de faire est symbolique et va permettre de rendre visible la parole qui est moins entendue les 364 autres jours de l'année. On est en train de saisir un moment, et il faut le soutenir. C'est là l'erreur que la CGSLB est en train de commettre : elle ne saisit pas ce moment de soutien envers les femmes."

Elle dénonce un manque de réactivité en amont de la part des organisations syndicales. "On a assez d'éléments de fond : il ne faut pas attendre que les personnes les plus précaires se retrouvent dans des situations de contre-attaque. À un moment, il faut se saisir des questions, sans attendre que les femmes n'aient plus d'autres voies que l'action syndicale. Tous les outils sont là, les syndicats ont beaucoup d'années de retard et doivent se saisir des bonnes questions."

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