Françoise Schepmans (MR): "Avec Défi et Ecolo, le PS veut une majorité de gauche, voire d'extrême-gauche à Bruxelles"

Une majorité se dessine à Bruxelles… Ce vendredi, les informateurs Laurette Onkelinx et Rudy Vervoort ont proposé à Ecolo et à Défi d'entrer en négociations en vue de former un gouvernement. Reste donc sur la touche, le MR. Dans Soir Première, Françoise Schepmans, chef de file MR au Parlement bruxellois, décrit cette potentielle coalition comme étant d’extrême-gauche.

Arnaud Ruyssen : Vous regrettez que le MR n’ait pas été invité dans les négociations ?

Françoise Schepmans : Je le regrette, oui, surtout pour les bruxellois. Aujourd’hui, on est face à un scénario sans explication. A savoir que tous les partis avaient été invités par le PS, qui a la main, à rendre une note, mais on n’a jamais eu de suite par rapport à ça. Nous souhaitons de la transparence, pour comprendre les convergences et les divergences qui ont poussé le PS à se diriger vers Défi et Ecolo.

A. Ruyssen : Certaines convergences étaient tout de même pressenties. PS et Défi étaient déjà dans une majorité dans le gouvernement sortant, et avaient laissé entendre qu’ils souhaitaient renouveler le contrat. Et puis, Ecolo a fortement augmenté son score. Et Laurette Onkelinx a parlé d’un programme tourné vers la transition énergétique, vers l’enjeu climatique…

F. Schepmans : Peut-être, mais l’enjeu climatique était également repris dans notre note. Moi, mon sentiment, c’est que c’est un accord fondé sur des affinités entre personnes, et non pas un projet d’accord sur un programme.

A. Ruyssen : Cela compte aussi, les affinités…

F. Schepmans : Oui, mais alors, ça aurait été mieux de l’annoncer dès le départ. Que le PS dise qu’il voulait travailler avec Ecolo et Défi. Alors c’est vrai qu’Ecolo a gagné les élections, mais pour le reste… Le PS, même s’il reste le parti majoritaire, a perdu des sièges, tout comme défi. Le MR, en tant que troisième parti à Bruxelles, aurait selon moi dû être entendu.

A. Ruyssen : Donc pour vous, le jeu était plié ?

F. Schepmans : En tout cas, il y avait des affinités de personnes, surtout entre les négociateurs Laurette Onkelinx et Rudy Vervoort et la tête des deux autres partis, Zakia Khattabi et Olivier Maingain. Et puis, c’est vrai que le PS avait annoncé qu’il voulait une majorité de gauche, d’extrême-gauche. On peut donc voir qu’il concrétise ce qu’il avait annoncé.

A. Ruyssen : Ps-Ecolo-Défi, ce n’est pas vraiment une coalition d’extrême-gauche…

F. Schepmans : Je pense que c’est une majorité beaucoup plus à gauche que si le MR avait été dans la majorité. Ce n’est pas une majorité de progrès, car je suis convaincue que dans les cinq ans à venir, on aura surtout un statu quo, avec un parti socialiste qui sera dominant, avec les Ecolo qui vont remplacer le cdH, et Défi. Pour moi, ce projet ne va pas avancer.

 

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