En Syrie, une application aide à éviter les bombes

Tous les jours, toutes les heures, nous recevons des notifications sur nos téléphones. En Syrie aussi. Sauf que là-bas, c’est pour recevoir le signalement des prochains bombardements afin de se mettre à l’abri. Une application a été spécifiquement développée à cet effet : Sentry.  

"Frappe imminente sur le quartier de Maaret Al-Chourine". "Base de Khalkhala, hélicoptère transportant des barils d'explosifs vers l'est" : voici le type de message que reçoivent les syriens qui utilisent l’application Sentry. Depuis deux ans, elle fait partie de leur quotidien, et leur permet de s’informer sur les imminences des bombardements. A l’heure où la province d’Idleb va faire l’objet d’une grande offensive de l’armée syrienne, ils sont près de deux millions à être rivés sur leur téléphone pour se tenir au courant des raids.

Comment ça fonctionne ?

La société qui a créé l’application se nomme Hala Systems.

Le système fonctionne en deux temps. D'abord, des observateurs sur le terrain qui vivent à proximité des bases militaires, envoient leurs observations (décollages d'avion, type, coordonnées) aux serveurs de Hala, qui sont placés hors du pays. Ensuite, des capteurs, notamment des micros, sont placés dans des arbres ou sur des bâtiments et viennent corroborer ces observations.

Ces données sont traitées par un logiciel, qui compare à des attaques précédentes et tente de prédire, via des algorithmes, où l'attaque va avoir lieu. Le résultat de ce traitement est envoyé via les réseaux sociaux sur le smartphone des abonnés. Les habitants savent qu'ils ont en moyenne 8 minutes pour trouver un abri.

Quelle efficacité ?

Des statistiques fiables sont difficiles à obtenir, mais Sentry, à l'analyse de ses propres données, annonce que le système profite à 2 millions de personnes, et qu'il aurait réduit de 27% le nombre de personnes tuées dans les raids. Il y a environ 140 avertissements par jour.

Qui est derrière tout ça ?

Le système est issu d'une rencontre entre trois personnes : deux Américains, un informaticien qui a travaillé sur le terrain en Syrie, et un ancien diplomate, ainsi qu’un codeur syrien, dont l'identité reste secrète.

Ensemble, ils ont monté une start-up. Mettant ce qu’ils avaient sur leurs comptes en banque, et organisant une levée de fonds, ils ont finalement lancé l’application en août 2016.

Depuis quelques semaines, l'application trouve un écho de plus en plus large dans la presse, notamment américaine. Cette notoriété coïncide avec le fait plusieurs pays occidentaux ont décidé de soutenir le projet : Etats-Unis, Danemark, Grande-Bretagne, Pays-Bas.

Sur le site Hala Systems, la société annonce vouloir s'essayer sur d'autres terrains, en Ukraine ou en RDC par exemple.

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