Élections en Turquie: ce n'est pas encore gagné pour Erdogan

Élections en Turquie: ce n'est pas encore gagné pour Erdogan
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Élections en Turquie: ce n'est pas encore gagné pour Erdogan - © ADEM ALTAN - AFP

Pour bénéficier pleinement des effets du référendum constitutionnel voté il y a un an, Recepp Tayyip Erdogan doit remporter la prochaine élection présidentielle. Cette semaine le président turc a annoncé des élections législatives et présidentielles anticipées. Mehmet Koksal, journaliste et blogueur spécialiste de la Syrie était l'invité de Soir Première, il explique: "l’espoir de Recep Tayyip Erdogan est de remporter ces élections et de pouvoir exécuter les pouvoirs qui ont été accordés par la légitimité contestable du référendum".

Il y a un an, le 16 avril 2017, le referendum constitutionnel voulu par le Recep Tayyip Erdogan divisait la Turquie en deux. Le résultat tombe après une campagne acharnée et de nombreuses irrégularités: 51% des turcs votent oui, 49% non. Le texte présente une révision de la constitution en dix-huit amendements: la suppression du poste de Premier Ministre, la nomination des juges et des procureurs par le président et la prolongation du mandat présidentiel de quatre à cinq ans. Recep Tayyip Erdogan parvient à faire voter le texte et la Turquie passe d’un régime parlementaire à un régime présidentiel.

Pour Mehmet Koksal, les changements se feront sentir principalement après les prochaines élections, mais il précise: "les Turcs ont pu avoir un avant-gout de ce que serait le régime présidentiel d’après juin 2018, puisque l’état d’urgence permet au gouvernement d’édicter des décrets gouvernementaux ayant force de loi et que la nouvelle constitution turque prévoit que le président édicte des décrets qui ont force de loi". Une partie des changements voulus par le nouveau régime présidentiel est, par conséquent, déjà connue des Turcs puisque les décrets présidentiels ne doivent pas non plus passer par l’approbation du parlement.

Gagné d’avance?

Le président turc espérait, par ce référendum, concentrer un maximum de pouvoir entre ses mains selon Mehmet Koksal, mais pour cela il doit remporter les prochaines élections et ce sera loin d’être du gâteau: "Le grand pari d’Erdogan, c’est de gagner et d’assurer sa légitimité dès le premier tour et ce n’est certainement pas gagné d’avance. On a souvent parlé du pouvoir assez important de son parti, mais l’AKP n’a jamais fait 50% et donc pour la première fois Erdogan doit faire 50 % + 1 voix. Ce n’est pas encore gagné surtout que l’opposition se prépare à grands pas."

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