Disparition massive des insectes : "L'ampleur est catastrophique"

Les insectes disparaissent, et beaucoup trop vite. Près de la moitié des espèces d'insectes essentiels aux écosystèmes sont en train de décliner. Pour la première fois, des scientifiques du monde entier ont fait une synthèse de toutes les études qui existent sur le sujet. Et leurs conclusions sont alarmantes, comme le confirme Thierry Hance, professeur d’entomologie et spécialiste de la biodiversité à l’UCLouvain.

Ce serait l'épisode le plus massif d'extinction depuis la disparition des dinosaures... Pour Thierry Hance, ce n’est pas une si grande surprise : "On savait qu’il y avait un souci par rapport à la disparition des insectes, mais l’ampleur n’était pas encore vraiment mise en évidence. C’est la première fois qu’on prend conscience de son ampleur, qui est tout simplement catastrophique".

Les chercheurs pointent comme cause de cette extinction massive d'insectes l'abus de pesticides, mais aussi l’urbanisation. "Si on regarde la façon dont on exploite la planète, analyse Thierre Hance… Ses ressources, mais aussi son espace. Il y a de moins en moins d’espace naturel disponible. Mais ce qui est important de comprendre, c’est que les insectes ont un rôle essentiel dans les écosystèmes. Si on prend une forêt tropicale, ils représentent plus de 50% de la masse totale des espèces animales qui y vivent. On en trouve parfois des milliers au mètre carré. Et ils sont essentiels pour la dégradation de la matière organique, pour la pollinisation des plantes, etc. Sans eux, c’est tout l’écosystème qui est menacé".

Plus d’insectes sur le pare-brise

Chez nous, Thierry Hance le reconnait, il y a une certaine prise de conscience qui apparait à ce sujet. Mais elle n’est pas assez rapide : "Il y a une prise de conscience et c’est important. Mais les surfaces qui sont mises en protection chez nous restent extrêmement faible. Le fait qu’on ait une très forte densité de population joue un rôle, mais la conséquence est la perte régulière d’espèce d’insecte".

Pour appuyer son propos, le professeur d’entomologie raconte un souvenir décidément bien loin : "Quand on partait en vacances dans le sud de la France, il fallait s’arrêter régulièrement aux pompes à essence pour nettoyer le pare-brise qui était recouvert de mouches écrasées. Si on fait l’expérience maintenant, ça n’arrive plus. Vous ne devez plus vous arrêter avant d’être arrivé bien loin dans le sud".

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