"Déclaration Non Gouvernementale" : la société civile contre-attaque

Qu’est-ce qu’une déclaration non gouvernementale ? On connait le principe de la déclaration gouvernementale, qui est présentée par un nouveau gouvernement, les différents partenaires s'entendant sur un programme général. Or, aujourd’hui, on voit bien que les négociations sont compliquées, que ce soit au régional ou au fédéral. Alors sans attendre cette fameuse déclaration gouvernementale, une série d’acteurs de la société civile a adressé aux futurs exécutifs une déclaration non gouvernementale. A la cheville ouvrière de cette initiative, il y a Arnaud Zacharie, secrétaire général au CNCD 11.11.11. Il était invité dans Soir Première.

Soir Première : D’où vient cette initiative de déclaration non gouvernementale ?

A. Zacharie : L’idée, c’est de définir concrètement un projet de société décarbonée, ouverte et solidaire. On est parti du constat que les citoyens demandent du changement. Mais quel changement ? On a l’impression que les partis politiques sont de moins en moins des laboratoires d’idées. Or, dans la société civile, on savait qu’il y avait des dizaines de mémorandum qui étaient publiés, mais chacun dans son domaine d’expertise. Donc on s’est dit qu’il fallait prendre toute cette matière, et le mettre dans un cadre cohérent. Cela a donné cette déclaration, avec dix priorités pour les futurs gouvernements.

Soir Première : Les priorités que vous avez établies sont transversales. Leur application peut se jouer à différents niveaux de pouvoir. Il s’agit d’une vision de société un peu globale. Vous souhaitez qu’elle soit prise en compte maintenant ?

A. Zacharie : Oui, c’est clair, l’intérêt, c’est d’envoyer un message à tous les négociateurs politiques, et leur dire quelles sont les priorités de la société civile. Mais on ne va pas limiter ce travail au temps des négociations. On va l’utiliser tout au long de la législature.

Soir Première : Vous parlez d’une déclaration qui est participative, qui n’est pas figée… Cela veut dire quoi ?

A. Zacharie : On a commencé à discuter il y a presque deux ans. On a fondé une association, appelée La Coordination. Mais ce n’est pas un club fermé. Il est toujours possible d’apporter des avis de la société civile à propos de thématiques qui n’ont pas encore été mises sur la table. Et puis, il est aussi possible de challenger ce qui a déjà été mis sur la table.

Soir Première : Certains constatent que les corps intermédiaires, (associations, syndicats, mutuelles) peinent de plus en plus à trouver leur place dans une société où les politiques cherchent un rapport plus direct avec leur public, notamment via les réseaux sociaux. Vous êtes d’accord avec cette analyse ?

A. Zacharie : En tout cas, on sent qu’avec le repli national populiste, des leaders charismatiques tentent de jouer la démocratie directe, ou des contacts plus directs avec le peuple, via les réseaux sociaux principalement. Or, je pense que les corps intermédiaires sont fondamentaux dans toute démocratie. C’est en quelque sorte aussi une contre-attaque, pour dire que oui, on existe, et on a une expertise. Certes, elle était trop atomisée, mais on a fait notre auto-critique, et on essaye de sortir de notre zone de confort pour mutualiser nos expertises.

 

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