Comment rendre le métier d'enseignant plus attractif ?

Un élève du secondaire dans l’enseignement francophone perd en moyenne 23 jours de cours par an. Ce chiffre a été avancé cette semaine suite aux recherches réalisées par Bertrand Henne, journaliste à la Première, sur le sujet. Les raisons de ces cours "perdus" : des activités, des journées pédagogiques…mais aussi l’absence des professeurs. Dans certaines matières, on est clairement en pénurie. Alors comment revaloriser ce métier ? Soir Première a posé la question à la ministre de l’Enseignement Marie-Martine Schyns, ainsi qu’à Caroline Desir, députée PS au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et échevine de l'instruction à Ixelles.

Une étude commandée à l’Inspection générale de l’enseignement secondaire par Marie-Martine Schyns elle-même le confirme : sur les 14% des périodes de cours qui tombent, 8% sont liés à des questions d’organisation, et 6% sont supprimés en raison de pénurie. Dans certaines écoles, ces cours supprimés peuvent représenter jusqu’à un jour par semaine.

Une nouvelle circulaire

La ministre explique que certaines mesures viennent d’être prises. En effet, pour comprendre l’un des facteurs de cette pénurie, Marie-Martine Schyns et Caroline Desir évoque conjointement le décret sur les titres et fonctions, voté par leurs deux partis et entré en vigueur en 2014. "Le texte a permis de dire qu’il fallait tel diplôme pour donner tel cours", explique Caroline Desir. Mais il a été conçu de façon trop stricte : "C’était une réforme nécessaire, mais elle dû être assouplie dès 2016, confirme Marie-Martine Schyns. Maintenant, avec la nouvelle circulaire, lorsqu’on a une pénurie sévère, certaines mesures peuvent être prises. Le directeur peut par exemple engager quelqu’un qui n’a pas le titre exact requis dans le décret, pour qu’il y ait quelqu’un face aux élèves dans la classe".

"L’enseignement n’est pas toujours un premier choix"

Comme l’affirme Caroline Desir, l’un des autres enjeux essentiels pour expliquer cette pénurie d’enseignants, c’est le manque d’attractivité du métier : "Les étudiants ne se dirigent pas vraiment vers les filières pédagogiques en premier choix. Parfois, ils se retrouvent dans l’enseignement après plusieurs échecs ailleurs. Et souvent, ces étudiants-là craquent lors de leurs premières années dans le métier, car ils n’ont pas été préparés de manière idéale à la réalité du métier. Alors on sait que la formation va s’allonger, et cela fera je pense beaucoup de bien au métier. Il faut travailler à la racine".

De son côté, Marie-Martine Schyns parle également de l’importance de revaloriser l’image du métier : "Une campagne de promotion du métier d’enseignant arrive justement très prochainement sur les réseaux sociaux et dans les médias. Elle est en préparation depuis plusieurs mois, et vise essentiellement les jeunes. L’objectif est notamment de montrer que le métier est très varié : il faut travailler en équipe, inspirer des jeunes, etc". Elle rappelle également qu’un métier en pénurie engendre des opportunités d’emploi.

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