Climat : pourquoi une si grande mobilisation maintenant ?

Elles deviennent de plus en plus nombreuses et récurrentes : les manifestations pour le climat. Aux quatre coins de la planète, elles interpellent les politiques pour demander plus d’ambition pour lutter contre le réchauffement climatique. Ce vendredi, jour de grève mondiale, en est un nouvel exemple. Mais comment expliquer, alors que le problème n’est pas neuf, le fait que cette prise de conscience massive arrive maintenant ? Arnaud Ruyssen a posé la question à Edwin Zaccai, directeur du centre d'études du développement durable de l'ULB.

Cela fait des années que l’homme sait que la planète se réchauffe, et qu’il en est responsable. Alors pour expliquer la récente mobilisation massive autour de cet enjeu, Edwin Zaccai avance plusieurs éléments : "Dans l’histoire de l’écologie, on voit que quand les impacts sont visibles, il y a des mobilisations. On a vu ça dans les années 70, par exemple. Il y a eu des signes de pollutions très visibles, et les américains sont descendus par millions dans la rue. Mais on a ensuite réglé un certain nombre de problème visibles, comme la gestion des déchets, et l’environnement est redevenu un sujet moins important. Récemment, on a tous pu constater qu’on a eu un été très chaud. Cela a été répercuté par les médias, et cela a peut-être rendu la problématique plus perceptible".

Il évoque également l’accord de de Paris, signé en 2015 : "Lors de la signature, beaucoup de gens ont pensé que le problème était réglé. Mais maintenant, les scientifiques nous disent qu’au contraire, on va dans la mauvaise direction. Il y a donc une déception par rapport à l’accord de Paris".

Internet pour toucher un public plus jeune

Comme troisième élément, il cite l’impact d’internet, et de certains producteurs de contenus : "Il y a des actions de sensibilisation, des petits clips, qui sont relayés via Youtube. Ils sont souvent très bien faits, et ils ont touché un nouveau public. C’est d’ailleurs surtout des jeunes qui sont mobilisés aujourd’hui".

Enfin, comme autre facteur encourageant la prise de conscience collective, Edwin Zaccai parle de l’influence de plus en plus faible des climato-sceptiques : "Le climatoscepticisme a fort retardé les choses, et il était dommage de parler de choses déjà connues, à savoir la responsabilité de l’homme sur le réchauffement climatique, au lieu de discuter de ce qu’il fallait faire. On a perdu du temps avec ça".

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