Catalogne: un an après la déclaration d'indépendance, où en est-on?

Catalogne: un an après la déclaration d'indépendance, où en est-on?
Catalogne: un an après la déclaration d'indépendance, où en est-on? - © Tous droits réservés

Il y a un an, l’Europe entière avait les yeux rivés sur l’Espagne. Une région d’un pays de l’Union européenne déclarait unilatéralement son indépendance. Cette région, c’était la Catalogne. Et pourtant aujourd’hui, force est de constater que ce fut un échec. Henry Delaguérie, correspondant à Barcelone, décrit un gouvernement catalan qui fait profil bas.

Déjà le jour même de la déclaration d’indépendance, la joie n’a duré que quelques heures. Car comme le rappelle Henry Delaguérie, l’autonomie de la Catalogne a été immédiatement suspendue. Les dirigeants catalans ont certes voté cette déclaration unilatérale, mais ils n’ont rien mis en œuvre. Ils ne l’ont pas publié sur le journal officiel, ils n’ont pas déployé cette indépendance. "Deux jours plus tard, explique le journaliste, Carles Puigemont prenait l’avion vers la Belgique, accompagné d’autres indépendantistes. Cet anniversaire d’indépendance est une forme d’échec pour les indépendantistes, car aujourd’hui la Catalogne est toujours l’une des communautés autonomes de l’Espagne".

10 leaders toujours emprisonnés

A l’heure actuelle, 10 leaders indépendantistes sont toujours en prison. Pour les citoyens indépendantistes catalans, ils sont des prisonniers politiques. Parmi eux, il y a deux leaders d’associations indépendantistes, et huit anciens ministres de Carles Puigemont. Ils sont en détention provisoire depuis presque un an, dans l’attente de leur procès. Ce procès commencera au mois de janvier prochain, et devrait durer plusieurs mois. Il se tiendra en l’absence de Carles Puigemont et de quatre de ses anciens ministres, puisque ceux-ci sont en Belgique ou ailleurs.

Nouvelle donne depuis le départ de Mariano Rajoy ?

On le sait, derrière la déclaration unilatérale d’indépendance, il y avait un bras de fer redoutable entre le gouvernement de Carles Puigdemont et le pouvoir central de Madrid dirigé par Mariano Rajoy. Or, depuis, ce dernier a dû quitter le pouvoir. Cela a-t-il changé la donne par rapport aux revendications indépendantistes ? Selon Henry Delaguérie, cela a tout de même changé un peu la donne : "Si Mariano Rajoy a dû quitter le pouvoir, c’est parce que les socialistes ont réussi à obtenir le soutien de plusieurs partis politiques pour arriver au pouvoir. La motion de censure a aussi été votée par les indépendantistes. Alors, sans dire qu’ils sont alliés à Madrid, si Pedro Sanchez est au pouvoir, c’est aussi en partie grâce à eux". Le journaliste témoigne d’un climat plus détendu : "Les administrations se parlent et travaillent ensemble, et ça c’est tout à fait nouveau. Après, le parti socialiste a une ligne qui reste la même : celle d’un état central qui refuse toute possibilité d’un référendum d’indépendance. Mais c’est sûr que le ton a changé, et que le dialogue a repris. D’ailleurs on voit que le gouvernement indépendantiste actuel, avec son président Quim Torra, fait encore des déclarations très dures envers le gouvernement espagnol, mais que dans les faits, il ne désobéi plus. Il y a une forme de profil bas".

 

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