Affaire Julian Assange : Wikileaks est-il instrumentalisé par la Russie?

Julian est mon super pote, je l'ai déjà rencontré
Julian est mon super pote, je l'ai déjà rencontré - © JUSTIN TALLIS - AFP

On l'avait presque oublié. Julian Assange vit reclus depuis 2012 dans l’ambassade d'Equateur à Londres par crainte d'une extradition. Le fondateur de Wikileaks s'est rappelé au bon souvenir de la presse aujourd'hui, après l'annonce de l'abandon des poursuites de la justice suédoise à son encontre dans une affaire de viol.

Pourra-t-il sortir de l'ambassade pour autant? Rien n'est moins sûr, puisque les autorités britanniques ont prévenu : elles pourraient l'arrêter à sa sortie pour des délits mineurs.

Une donne nouvelle dans les élections à enjeux

Mais au-delà du sort de Julian Assange, ce rebondissement est l'occasion de s'interroger sur Wikileaks et son travail. Le site fonctionne comme un organe de presse : il ne pirate pas lui-même les sites pour obtenir les documents secrets qu'il diffuse, mais il est dépositaire des documents qui lui sont confiés, puis il décide de les publier ou non. 

Sur l'année écoulée, Wikileaks a diffusé des documents qui ont touché la campagne présidentielle américaine, en défaveur d'Hillary Clinton. Il y a ensuite eu ces documents confidentiels de l'équipe de campagne d'En marche, le mouvement d'Emmanuel Macron. Deux "fuites" imputées à la Russie.

Wikileaks, support de la Russie?

Sur cette question, Marc Molitor, journaliste RTBF qui avait rencontré Julian Assange, est clair : "Il est possible que l'ont tente d'instrumentaliser Wikileaks mais je pense qu'Assange et ses collègues sont suffisamment malins pour ne pas tomber dans ce panneau. Il est plus probable qu'eux-mêmes instrumentalisent les infos qu'ils reçoivent à des fins particulières. Mais lesquelles? Je ne pense pas qu'il y ait une animosité personnelle de Julian Assange par rapport à Hillary Clinton...Ça remonte plus fondamentalement à l'analyse que Wikilieaks se fait du pouvoir dans le monde aujourd'hui."

"Wikileaks lutte contre un pouvoir mondial dominant"

"Le pouvoir politique américain, d'abord, et un complexe mondial qui s'y est ajouté : des sociétés financières, informatiques, des sociétés privées de sécurité et des sociétés juridiques. Pour l'avoir rencontré, je crois que Julian Assange considère que c'est ça, le danger principal pour l'avenir du monde : ce complexe qui s'étend et qui pourrait intervenir dans la vie, la vie privée de tous et partout sur la planète."

Pour Marc Molitor, le fondateur de Wikileaks partirait d'un raisonnement assez classique : "Dénoncer ce complexe mondial dominant, et utiliser à cette fin les données reçues de la part d'autres personnes, peu importe de quel bord elles soient."

Visionnez l'extrait de l'interview de Marc Molitor dans Soir Première ci-dessous.

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