La revue de presse: pirouette à gogo pour la N-VA

La revue de presse : pirouette à gogo pour la N-Va
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LA N-VA se retrouve ce matin au coeur des éditoriaux de la presse néerlandophone et francophone. D'un côté, parce qu'à Anvers, une coalition est en train de se former. De l'autre côté, car les journaux commentent ce matin l'opposition de la N-VA au pacte migratoire proposé par l'ONU.

A Anvers, Bart De Wever, au centre de la négociation, propose désormais une "bourguignonne." Jaune, pour la N-VA. Rouge pour le sp.a. Bleu pour l'Open Vld. C'est vrai, écrit le Laatste Nieuws, Bart De Wever aurait pu parler de colombienne, de venezuelienne, d'une roumaine, tchadienne voire d'une mongolienne. Sinon que ces pays "jaune, rouge bleu" parle sans doute moins au patron des nationalistes flamands que les armoiries du duché de Bourgogne explique le quotidien. Le Laatste Nieuws, en édito, s'interroge du même coup sur la valeur du vote, lorsque, à terme, des coalitions aussi hétéroclites sont mises en place.  La Gazet Van Antwerpen s'interroge elle sur le temps perdu. "Cette bourguignone aurait pu naitre le lendemain des élections" sinon, bien entendu que ces deux partis-là - N-VA et sp.a sont à ce point opposé qu'il leur aura fallu laisser le temps au temps.

"Sic transit gloria mundi"

Anvers se devait d'entamer sérieusement des négociations. Voici la N-VA confrontée à ses propres contradictions. Bien forcée d'entamer une courbe rentrante en direction des socialistes flamands. Courbe, ou virage à 180 degré. Ou même pirouette, dit le Nieuwsblad. "Ceux-là, de la N-VA, comme ceux du sp.a - s'ils ont à réaliser ce grand écart, n'ont qu'à s'en prendre à eux-même." Chacun a choisi les mots qu'il utilisait pendant la campagne électorale. "Aujourd'hui, ajoute le quotidien, les négociateurs anversois auront fort à faire pour atterrir sur leur deux pieds après la pirouette. Il faut rédiger l'accord de coalition. Ce ne sera pas rien. Il leur faudra surtout convaincre les électeurs qu'il ne s'agit pas d'opportunisme" mais d'une véritable occasion de faire de la politique ensemble.

Un pacte migratoire bien gênant pour la N-VA

"Depuis deux ans, explique La Libre, l'ONU cherche à établir un pacte global pour une migration sure, ordonnée et légale. Depuis un ans, en Belgique, des experts - y compris ceux du secrétaire d’État Theo Francken - y travaillent. Sans aucun problème. D'ailleurs, ce pacte qui veut lutter contre les migrations forcées, les trafics d'être humain, qui pourrait s'opposer à un guide des bonnes pratiques en la matière? Qui? Sinon les nationalistes et les populistes. C'est ce qui s'est passé en Autriche. Sebastian Kurz, chancelier autrichien a émis des réserves. Son coup de sang est devenu traîné de bile. Des Pays-Bas au Danemark en passant par la Pologne, la Hongrie et la Belgique. Theo Francken, à l'affut de ce genre de saillie." 
Pas de pirouette inutile ici. La Libre conclut "La solution est toute trouvée. Le texte doit être approuvé en l'état. La N-VA doit se soumettre ou se démettre !" Pour l'Echo et l'Avenir, rien n'est moins sûr. La pirouette, ici, pourrait être pour la Belgique de "produire une note interprétative", écrit l'Avenir. Un genre de texte consensuel qui ne veut rien dire dont la Belgique a le secret." "Un nouveau compromis à la Belge, juge l'Echo pour qui la séquence politique du moment a surtout des allures de "musculation classique." Deux "pas d'accord" qui jouent à bomber le torse. "Le premier parti de Flandre n'oublie pas qu'il a, à sa droite, un Vlaams Belang capable d'attirer ses électeurs. Le premier ministre lui, se voit offrir à quelques mois des élections l'occasion d'affirmer son leadership au sein du gouvernement. Maintenant, La Belgique ne peut plus reculer" dit l'Echo.

Elle doit s'avancer. Mais, s'avancer pour signer le texte de l'Onu ou s'avancer pour faire la pirouette... Cela, ça reste à voir.

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