La revue de presse : la politique, c'est pas du gâteau.

C'est plutôt l'art de se partager le gâteau. Car au delà des recettes et des ingrédients, c'est bien de cela qu'il s'agit dans la presse, la manière dont les partis au pouvoir se répartissent les postes importants au sein des grandes entreprises publiques et au sein des administrations. 

Le Soir s'intéresse, ce matin, au gâteau "Belgique". Savoureuse préparation dont les membres de la majorité semblent raffoler. Il leur en faut à chacun, explique Le Soir, qui nous dévoile alors les secrets de cuisine. Dans une grande jatte, placer la Creg, Bpost, la SNCB, et Belgocontrol.  Ajouter une pincée de Banque Européenne d'investissement. Incorporer ensuite délicatement les services publics fédéraux. Finances, Mobilités, Emploi et Travail, N'oubliez pas de tourner dans la pâte. Ajouter délicatement les 3 derniers service publics : Economie, Affaires Etrangères et administration du Budget. Cuire le tout et vous obtiendrez ce savoureux dessert qui se déguste en fin de législature. Les partis de la majorité sont occupé à se diviser les postes à pourvoir au sein de l'administration et au sein des entreprises publiques. Voilà ce que le Soir appelle "la politique du gâteau." A chaque parti SON poste pour SON candidat. Et moi je prends le mandat de la creg, si, toi, tu croque le patron de Bpost ! pourtant, c'est comme les bonnes pâtisseries, explique Le Soir "la politisation n'est pas un mal en soi" mais il faut éviter d'en abuser ! "Que le politique se mêle des nominations dans les organismes qui sont le bras armé de l'Etat, est très logique. Le souci vient de la manière de se distribuer les parts. Il s'agit d'abord de satisfaire les appétits des différents partis concernés AVANT même de répondre aux besoins de l'institution. Une telle voracité risque de provoquer des indigestions., et conclut le quotidien, "saupoudrer le tout de quelques femmes ne changera rien au fond du problème."

Que fait l'Avenir en cuisine?

"L'Avenir est un quotidien à la solide assise régionale voire locale" explique L'Echo. Cette nourriture-là, ce sont les parlementaires wallons qui se la disputent. Mais il serait préférable que les élus ne mangent pas de ce pain-là. Car "ce quotidien va mal. Avec des audiences en perte de vitesse, des résultats dans le rouge et un actionnariat encombrant..." Plutôt que de traîner près des fourneaux, l'Avenir - malade - "devrait être placé en chambre stérile. Pas dans une arène parlementaire..." Mais en cuisine, il y a du monde, bien décidé à tirer à eux la couverture du sauvetage de L'Avenir. Dans le quotidien même, l'édito est signé ce matin par l'ensemble de la rédaction de l'Avenir. Il évoque lui les différentes solutions mises sur la table ces jours-ci. L'une permettrait d'éviter un terrible gâchis pour le quotidien. Il s'agirait en substance de réaliser une "grande synergie entre les groupes de presse." Mettre en commun les ingrédients, mais pas les menus.

Après le gâteau fédéral, les miettes budgétaires

Il y en a tant, de miettes, glissées sous le tapis budgétaire qu'il pourrait s'envoler. A la fin de l'année, contrairement à ce qui était prévu, la dette belge ne descendra pas en dessous des 100% du produit intérieur brut. L'explication tient à peu de chose et surtout elle tient, une fois de plus, à la gourmandise du fédéral : des structures institutionnelles trop lourdes, des dépenses liées au vieillissement indigestes. Et cerise des cerises, un gâteau qui se mange sans couvert. Comprenez, "sans aucun levier financier pour investir dans les enjeux de demain. L'économie ou l'environnement." D'ici quelques années, les plus jeunes nous demanderont pourquoi nous avons tout grignoter sans rien leur laissé, prévient La Libre, il nous faudra leur avouer qu'on n'avait simplement pas envie de partager ce gâteau-là.

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