La revue de presse: 30 mensonges et un moment de vérité

La revue de presse : 30 mensonges et un moment de vérité
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"Selon le Washington Post, pendant cette campagne des midterms, le président américain ment 30 fois par jour, en moyenne." Voilà, juge Libération, qui en dit long sur l'état de la démocratie américaine. "En d’autre temps, la première affabulation grossière d'un candidat l'aurait écarté sans rémission de la candidature. Là, cela ne semble même plus grave. La rhétorique insensée du président continue d’animer un débat public d’une violence inouïe et lui offre aussi une chance solide de franchir l'obstacle de ces élections intérimaires."

Que risque le Président américain?

Pour Le Soir, "ça passe ou ça casse". Pour Le Monde, "le bilan du Président est à l'épreuve des Urnes." Pourtant, au-delà des titres, certains commentateurs hésitent. Ainsi, pour L'Avenir, "ces élections ne changeront strictement rien. D'une part, si les Républicains gagnent, le Président se voit conforter. D'autre part, s'ils perdent, que les démocrates gagnent, cela ne sera finalement que dans le respect de cette tradition qui veut qu'un président en exercice connaissent un creux en milieu de législature. Sans compromettre en rien sa réélection, 2 ans plus tard." D'ici là, ajoute le Figaro, "ce sera alors une guerre de tranchée." "Toute l'agitation qui règne autour de ces élections, croit l'Avenir, ne serait finalement qu’alimenter par l’Europe, (...) et le grand fantasme collectif de voir chuter le 'Satan' américain'. Trump, lui, continuera de tracer sa route, comme il l'entend, en dépit des critiques et des obstacles." Titre de cet éditorial de L'Avenir ? "Même pas peur !"

Les modalités du vote ont aussi des conséquences.

Si, dans la presse, ce vote de mi-mandat a des allures de référendum pour ou contre Trump. En pratique, c'est un vote local. Et là, les grandes questions de politiques ou d'éthiques n'interviennent, en général, que sur un second plan, explique la Libre. "Ce qui importe l’électeur, c’est de désigner le député, le sénateur le plus qualifiés pour défendre ses intérêts et son Etat ?" Autre particularité, c'est que les Sénateurs à remplacer sont en majorité issus d'Etats de tradition républicaine. A ces modalités de scrutin, s'ajoute encore la santé économique du pays. "Ces performances, écrit La Libre, génèrent dans la population un degré d'optimisme tel qu'on n'en avait plus vu depuis la fin de la présidence Clinton. Quand bien même cette fameuse bonne santé économique n'est en réalité que le fruit d'un redressement entamé sous présidence Obama." Pour bons nombres d'électeurs américains, le bilan du président actuel est bien réel. " Jobs et dollar ", résume la Libre, en deux mots.

Au-delà du très probable, il nous faudra surtout écouter la réponse des urnes. "Ce vote nous dira, écrit le Monde, si le Président Trump n'est qu'un accident de circonstance ou s'il est l'incarnation d'un virage nationaliste de l'Amérique. Et Si les démocrates réalisent une poussée à la Chambre des Représentants, cela signifierait que le débat n'est pas clôt, entre 2 visions. Celle de Donald Trump, mercantile et brutale et celle plus modéré, partagé par des représentants des 2 camps, respectueux de leurs alliées et de leurs idéaux...On le voit, rarement un scrutin aura offert autant de niveau de lecture. Et autant de potentiel conséquence. Qu'on songe que le Monde écrit ceci : " Ce scrutin livrera un diagnostic sur cette démocratie malade mais que des contre-pouvoirs peuvent préserver des dérives qui affligent des nations moins confiantes en leurs institutions. " Le Figaro n'a pas tort lorsqu'il parle d'un moment de vérité. Pour le président aux 30 mensonges par jour, UN moment de vérité, ce n'est pas si mal...

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