Sommes-nous en manque de donneurs d'organes?

Sommes-nous en manque de donneurs d'organes ?
Sommes-nous en manque de donneurs d'organes ? - © Tous droits réservés

C’est une question parfois taboue, auquel on ne préfère pas penser de son vivant : est-ce que je veux être donneur d’organe ? Aujourd’hui en Belgique, on manque de donneurs. Paul Cosyns, professeur émérite de l’université d’Anvers et vice-président et président du Comité consultatif de Bioéthique de Belgique, a été reçu par Eddy Caekelberghs dans Au bout du jour. Il est revenu sur la loi actuelle, et sur les différents types de dons d’organes possibles.

Comme l’explique Paul Cosyns, la loi en la matière date de 1989. Elle est très claire : "Chaque belge est en principe un donneur d’organe une fois qu’il est décédé, sauf s’il a fait objection au don d’organe. Donc il y a une possibilité de sortir du système, mais sinon on est donneur d’organe par défaut".

Cependant, dans la pratique, le professeur explique que l’intervention de la famille est prise en compte : "Dans la pratique, quand quelqu’un décède et qu’il n’a rien dit, on contacte d’abord et toujours la famille. On lui propose la possibilité de donner des organes, mais elle peut s’y opposer. Elle peut s’y opposer sauf si la personne avait décidé de son vivant d’être officiellement donneur d’organe. Cette déclaration, on la fait à la commune, dans un registre de la santé publique".

Pour les dons entre vivants, c’est différent

Un don d’organe n’émane pas forcément d’une personne décédée. De nombreux organes ou tissus peuvent être transplantés venant d’une personne vivante. Dès lors, certaines règles changent explique Paul Cosyns : " Si le don vient d’un vivant, le principe d’anonymisation n’est pas d’application. Celui qui donne l’organe et celui qui le reçoit peuvent se connaitre. Cela arrive souvent au sein d’une même famille, entre frère et sœurs ou autre. Alors que ce n’est pas le cas pour un don d’organe d’une personne décédée ".

Des listes d’attente trop grandes pour certains organes

Manque-t-on de donneurs en Belgique ? "Oui, avance le professeur. Mais il faut nuancer cela, car cela dépend des organes. Au niveau européen, la Belgique se positionne positivement et honorablement. Nous avons pas mal de donneurs. Mais si nous prenons le rein, par exemple, il faut savoir que nous avons transplanté 470 reins durant l’année 2017, mais la liste d’attente est de 850. On voit qu’il y a décalage entre les deux, et chaque année il y e des personnes qui meurent dans la liste d’attente parce qu’il n’y a pas d’organe disponible".

Et jusqu’à quel âge peut-on être considéré comme donneur d’organe ?

Selon la loi, il n’y a en fait pas d’âge limite. Mais médicalement, si : "Il y a un âge limite de fait et médicalement parlant. Il y a une évaluation médicale très strict qui se fait. Si une personne est décédée en état de démence, on ne va jamais transplanter ses organes, car il y a un risque, même s’il est minime, qu’on retrouve certaines maladies qui pourraient être transmises".

Pour réécouter l’intégralité de cet entretien :

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