Sihem Bensedrine sur la Tunisie: "Il faut que les auteurs de violations disent pardon"

Sihem Bensedrine sur la Tunisie: « Il faut que les auteurs de violations disent pardon »
Sihem Bensedrine sur la Tunisie: « Il faut que les auteurs de violations disent pardon » - © Tous droits réservés

Eddy Caekelberghs a reçu dans  Au bout du jour Sihem Bensedrine, journaliste tunisienne et défenseuse des droits de l'homme. Depuis juin 2014, elle préside l'Instance "Vérité et dignité", qui se charge de la réconciliation en Tunisie après la révolution. Au lendemain des élections en Tunisie, elle fait le point sur la situation, sur les avancées, les espoirs et les échecs.

La volonté de Sihem Bensedrine, et de l’Instance "Vérité et dignité" est grande. Mais les obstacles sont bel et bien présents : "Nous avons un grand espoir d’y parvenir. Mais l’environnement politique est extrêmement hostile. Vous savez que l’Instance a été mise en place comme première revendication de la mouvance révolutionnaire pour traiter le passé de manière pacifique, et non pas violente comme d’autres pays l’ont fait. Et ça commence par rétablir la justice, et elle passe par une régularisation de la vérité. Il faut que les gens comprendre ce qu’il leur est arrivé. Ensuite, il y a l’étape de la redevabilité. Il faut que les auteurs de violations disent au moins pardon. Et la deuxième phase, c’est une réconciliation, qui doit mener aussi la réforme".

Cette étape de la redevabilité est très sensible. Elle est primordiale pour Sihem Bensedrine, mais elle n’est pas encouragée par les autorités : " Le chef d’Etat actuel, dès qu’il a été élu, s’est entouré de certains de l’ancien régime. Et il leur a demandé de concevoir une loi pour dissoudre l’Instance Vérité et dignité. Il a clairement affirmé qu’il ne souhaitait pas ce processus de la redevabilité, car cela voulait dire réveiller les morts. Il préfère l’amnésie à la mémoire ".

Pourtant le besoin de mémoire est omniprésente dans les inquiétudes de la population tunisienne. En témoigne Sihem Bensedrine, qui explique que les victimes n’ont de cesse de leur demander : "Peut-on espérer que nos enfants ne vivent pas ce que nous avons vécu ?". La peur règne encore, même si elle n’est plus au seuil de ce qu’elle a été pendant la dictature.

Pour réécouter l'intégralité de cet entretien: 

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