Recrutement des terroristes : existe-t-il un "profil type" ?

Peut-on établir le profil type des personnes recrutées par des groupes terroristes ? Présentent-ils toujours les mêmes caractéristiques ? C’est sur ces question que s’est penché Marc Hecker, directeur des publications à l'IFRI et chercheur au Centre d'études de sécurité sur le recrutement de personnes diplômées et qualifiées par les groupes terroristes.

Son travail s’est conclu sur la publication d’une étude : "137 nuances de terrorisme".

137, comme les 137 individus récemment condamnés par la justice française pour des faits de terrorisme. Marc Hecker a analysé leurs profils, et en tire certaines conclusions : "On voit qu’il y a des grandes tendances qui se dégagent. Il y a d’abord un niveau d’éducation très faible. En effet, il y a 47% de non-diplômés dans cet échantillon. Ensuite, on observe un niveau d’intégration sur le marché de l’emploi qui est également très faible : il y a 36% de chômeurs. Enfin, un autre point concerne les antécédents judiciaires : 40% de ces individus avaient déjà été condamnés au moins une fois, souvent pour des faits de délinquance".

S’ajoutent à cela d’autres éléments plus "sensibles" politiquement : "Par rapport à la nationalité, on voit qu’on a du terrorisme domestique, puisque 69% de ces individus sont français, et n’ont que la nationalité française. On trouve par ailleurs 22% de binationaux, généralement des franco-marocains, franco-tunisiens ou franco-algériens".

Il s’est également intéressé à la génération du dessus, celle de leurs parents : "Là, on voit quand même que le facteur migratoire reste important, puisque 59% des parents sont originaires du Maghreb, et 9% d’Afrique subsaharienne". Enfin, sur l’aspect religieux, il note que les ¾ des condamnés sont nés dans des familles musulmanes, tandis qu’un quart des individus condamnés se sont convertis.

Tendance inverse pour les djihadistes de pays musulmans

Dans les pays musulmans, on constate que certaines tendances s’inversent : "Pour ce qui est des pays musulmans, explique Marc Hecker, on s’aperçoit que les personnes qui s’engagent dans les milieux djihadistes sont généralement plus diplômés que la moyenne. Cela dit, il existe des situations contrastées selon les pays. En Tunisie, par exemple, ce sont plutôt des diplômés un peu frustrés de ne pas trouver du travail. Mais dans d’autres pays, il s’agit de personnes diplômées et insérées. Cela veut dire que l’idéologie les convainc, et est suffisamment forte pour les inciter à rentrer dans une mouvance djihadiste".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK