Malka Malkovich: "L'autre héritage de 68"

Malka Malkovich : « L’autre héritage de 68 »
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L’auteur Malka Malkovich, qui signe l’ouvrage "L’autre héritage de 68", fait partie de cette génération qui a vécu les événements en tant que jeunes adolescents, témoins proches de leurs grands frères et grandes sœurs qui étaient au première loges de manifestations. Elle revient sur les conséquences des revendications de l’époque avec Eddy Caekelberghs, dans Au bout du jour.

"Il est interdit d’interdire". L’un des slogans phares de ce mois de Mai 68. Mais derrière ce besoin inconditionnel et utopique de liberté, il y avait peut-être le terreau d’une autre forme de violence…

Comme l’explique Malka Malkovich, "Il y avait un grand besoin de se libérer de tous les carcans. Mais avec certains slogans comme "Il est interdit d’interdire", c’est aussi refuser certaines normes, et passer à des actes qui peuvent être abusifs".

Parmi les thèmes qui ont fait selon elle l’objet de dérives, il y a la sexualité. Mai 68, c’était la revendication du désir, à n’importe quel prix: "Ce que nous avions conquis était tellement présent, que s’il y avait un problème, on n’osait pas le dire. Il y avait une apologie de la nudité et de la sexualité, et on ne se rendait pas compte qu’il y avait quelque chose qui pourrait être, pour les plus jeunes, le terreau d’un grand bazar mental".

Elle recompose ainsi, par des articles et des témoignages de jeunes de l’époque, les idées qui pouvaient circuler et se développer concernant la sexualité.

"Dans les années 70, on retrouvait des articles de Libération qui faisait l’apologie de la pédophilie, et des relations sexuelles avec les enfants. Au nom de la reconnaissance de la sexualité des enfants, il y avait cette idée qu’il ne devait pas y avoir d’interdits entre des élèves et leurs professeurs. Il y a un eu un certain nombre d’abus qu’aujourd’hui on n’accepterait plus".

C’est bien de cela que l’auteur Malka Malkovich veut rendre compte. Des aspects favorables mais aussi néfastes qui ont découlé des événements de mai 68. Sans dire qu’il n’y a rien à conserver de cette époque, l’auteur se rend compte que sa génération n’avait pas, à ce moment-là, conscience qu’elle vivait dans un climat de violence. Et que cela allait avoir des répercussions sur les générations suivantes.

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