Mai 68: "Un mouvement assez macho, pour ne pas dire très macho"

Mai 68: "Un mouvement assez macho, pour ne pas dire très macho"
Mai 68: "Un mouvement assez macho, pour ne pas dire très macho" - © Tous droits réservés

Quel héritage avons-nous aujourd’hui de Mai 68 ? La question est largement revenue sur le devant de la scène, 50 après le mouvement de révolte. Dans Au bout du jour, Eddy Caekelberghs s’est penché plus spécifiquement sur l’impact sur les femmes. Il a reçu Pascale de Langautier et Inès de Warren, qui ont dirigé l’ouvrage collectif "Femmes et filles. Mai 68".

Elles ont rencontré des artistes, des romancières, des historiennes des comédiennes… Toutes leur ont livré leur impression sur mai 68, et sur l’impact que le mouvement a eu sur les femmes. Qu’ont-elles acquis qui découle de cette période de révolte ?

Tout d’abord, Inès de Warren pense qu’une partie seulement de la population se sent impactée par ces événements : "Je ne suis pas sûre que les jeunes d’aujourd’hui aient tout à fait conscience de l’impact et de l’héritage de mai 68. Par contre, pour celles et ceux qui l’ont vécu, je pense que même 50 ans plus tard, ils ne peuvent pas ne pas reconnaitre un certain héritable en termes de cause de la femme".

Aujourd’hui, malgré les combats gagnés et les avancées incontestables dans plusieurs domaines, force est de constater que rien n’est acquis. Inès de Warren rappelle que la plupart des femmes qu’elles ont rencontrées ont répondu à la question au moment de l’affaire Weinstein : "On voit bien que la place de la femme, que le regard porté sur les femmes est plus que jamais d’actualité".

Mai 68 : "un mouvement assez macho"

Sur la place de la femme au moment des faits, Inès de Warren et Pascale de Langautier ont la même lecture : elle n’a pas eu, à ce moment-là, la place qu’elle a su gagner par la suite : "Elle était constamment reléguée en second plan, analyse Pascale de Langautier, on ne lui donnait pas la parole de manière spontanée. Nous avons par exemple rencontré Annette Messager, une artiste aujourd’hui très connue. Et elle n’avait pas réussi, à l’époque, à s’introduire dans les ateliers de Beaux-Arts pour participer à la création de affiches de mai 68. Elle a été refusée par les hommes".

Et Inès de Warren de confirmer : "C’est vrai que c’était un mouvement assez macho, pour ne pas dire très macho. Les femmes étaient là, présentes, mais elles étaient un peu des potiches dans la mesure on ne leur donnait pas, ou très peu, la parole".

C’est pourtant par la suite, et peut-être justement face à cette façon de les laisser de côté, que la cause de la femme a fait de plus en plus entendre sa voir. Pour Pascale de Langautier, cela a été un élément déclencheur, tandis que pour d’autres pas : "Certaines femmes reconnaissent en 68 un mouvement qui les a aidé à avancer, à faire éclore quelque chose de très réel dans leur spécialité".

Pour réécouter l’intégralité de cet entretien :

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