Loi Renault : 20 ans après, quel bilan en tirer ?

Loi Renault : 20 ans après, quel bilan en tirer ?
Loi Renault : 20 ans après, quel bilan en tirer ? - © Tous droits réservés

La loi Renault passe le cap des 20 ans cette année. Depuis 1998, elle impose certaines contraintes aux entreprises en cas de licenciement collectif. Mais a-t-elle vraiment porté ses fruits ? Eddy Caekelberghs a posé la question à Esteban Martinez dans  Au bout du jour. Il est sociologue du travail et chargé de cours à l'Université Libre de Bruxelles.

 

Le constat du sociologue est mitigé. Il parle d’un bilan en demi-teinte. "D’une part, explique-t-il, cette loi n’a pas permis d’endiguer les vagues de restructurations et de fermetures que nous connaissons depuis quelques décennies dans l’industrie sidérurgique, verrière et dans le secteur bancaire. La procédure revient souvent à négocier une décision unilatérale prise par la direction, sans laisser la possibilité aux organisations syndicales de formuler des alternatives".

Mais d’un autre côté, la procédure a parfois permis de "limiter la casse". Esteban Martinez met également en avant cet aspect : "La procédure permet de redramatiser des pratiques de restructuration et de licenciements collectifs qui tendent à se banaliser. Et puis , elle permet aux organisations syndicales d’interpeller la direction, et de tout de même formuler des propositions qui doivent obligatoirement être analysée par la direction".

Des mesures qui ont pesé leur poids dans la balance. Selon les résultats chiffrés, entre l’annonce d’une intention de licencier, et le nombre réel de licenciements qui sont notifiés au terme de la première phase de procédure Renault, on constate une diminution de licenciement. "C’est de l’ordre de 7 à 8%. Ce n’est pas énorme, mais ça a quand même une influence", affirme le sociologue.

Pour réécouter l’intégralité de l’émission :

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK