Le président Rohani cerné par les critiques des iraniens

Le président Rohani cerné par les critiques des iraniens
Le président Rohani cerné par les critiques des iraniens - © Tous droits réservés

Ces derniers temps, les décisions du président iranien Hassan Rohani sont contestées par la population iranienne. Mais que sait-on vraiment du processus décisionnel en Iran? Quelle différence de pouvoir entre le président et le guide suprême? Dans Au bout du jour, Eddy Caekelberghs s'est plongé dans la politique iranienne grâce à l'éclairage de Vincent Eiffling, doctorant en relations internationales à l'UCL.

Le président Rohani cerné par les critiques, notamment sur ses choix économiques... La société iranienne semble montrer des signes de tensions. Comme l'explique Vincent Eiffling, certains événements sont inédits: "C’est la première fois qu’un président de la république islamique d’Iran est convoqué devant le parlement au regard de l’article 88 de la constitution iranienne. Cela traduit un certain mal-être de la société iranienne. Il y a beaucoup de désillusion au niveau économique, qui ont mené à une vague de manifestations". 

Quel est le pouvoir du président iranien ?

On évoque les décision du Président, mais quelle est le poids réel du Président face au guide suprême, l'Ayatollah Khamenei? Vincent Eiffling fait le point: "En fait, le président a un pouvoir qui est à géométrie variable. Il a le pouvoir qu’on veut bien lui donner, c’est-à-dire le pouvoir que le guide suprême lui octroie. Par exemple, en matière de politique étrangère, sur la question nucléaire, Hassan Rohani avait obtenu une marge de manœuvre considérable, et il avait été élu sur la promesse d’obtenir un accord avec les Etats-Unis de l’administration Obama. A contrario, dans des dossiers de politique régionales en Irak ou en Syrie, le président n’est qu’une voix parmi d’autres au sein du processus décisionnel iranien. Il y a ce qu’on appelle le Conseil national de sécurité, qui est en fait l’organe décisionnel en matière de politique étrangères pour toutes les questions sensibles et stratégiques".

C'est donc le guide suprême qui choisit de répartir les compétences selon sa volonté: "C’est lui qui a les pleins pouvoirs, confirme Vincent Eiffling, mais il choisit volontairement de ne pas tous les exercer. Il laisse une marge de manœuvre, mais s’il y a une question hautement sensible, il n’hésitera pas à s’ingérer".

Pour réécouter cette émission: 

 

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