"La cause animale est aussi la cause de l'humanité"

"La cause animale est aussi la cause de l’humanité"
"La cause animale est aussi la cause de l’humanité" - © SANDRO DELAERE - BELGA

L’éthique ne suffit plus pour Corine Pelluchon, philosophe et auteur d’Ethique de la Considération. Elle était l’invitée d’Eddy Caekelberghs dans Au bout du Jour. Un travail de transformation de soi est indispensable pour arriver à considérer l’autre. Il s’agit en réalité de la considération des êtres humains et non-humains, aussi bien les animaux que l’environnement. Nous faisons partie d’une même chaine du vivant, même ce qui nous parait inerte existe.  Considérer l’autre, mais comment? "La considération c’est une attitude globale, ou je prends conscience d’appartenir à une communauté plus vaste que celle de mes parents, de ma communauté politique". Corine Pelluchon explique que par communauté, il faut entendre celle des êtres vivants et avoir la conscience d’y appartenir, c’est une évidence. "La considération décrit un processus de transformation de soi au terme duquel j’élargis ma sphère de considération et mes intérêts." L’auteur précise que le respect de soi-même passe aussi par celui des animaux, de la nature et du vivant qu’il soit humain ou non : "le bien-être et l’épanouissement des autres formes de vie devient une composante du respect de moi-même".

Il y a aussi dans le mot considération, une dimension esthétique que l’on ne retrouve pas dans le mot respect, par exemple. Une sorte de gratitude à l’égard de la beauté de la nature. Pour Corine Pelluchon, il faut arriver à un rapport à autrui, humain et non humain, qui ne soit pas de domination et cela se fait au prix de nombreux efforts. "Pour arracher ce rapport à la domination, il faut tout un travail sur soi", explique-t-elle.

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