Jean-Pierre Buyle: "Il y a un mépris à l'égard des juges"

Jan Jambon a soulevé une salve de réactions après avoir critiqué la plaidoirie de l’avocat de Salah Abdeslam, Sven Mary. "Le ministre de l’Intérieur enfreint le respect de la séparation des pouvoirs", défend le milieu judiciaire. Dans Au bout du Jour sur La Première, Eddy Caekelberghs a rencontré Jean-Pierre Buyle, président de l’ordre des barreaux francophones et germanophone de Belgique (Avocats.be).

Quelle est la raison du mécontentement du milieu judiciaire ?

Voilà qu’un ministre qui n’est pas un ministre de la justice, qui n’est pas un juriste non plus, vient donner des cours de droit à un avocat. (…) Ce n’est pas la première fois qu’on voit une intervention d’un membre du gouvernement à l’égard du pouvoir judiciaire, et ça m’interpelle. Il y a un mépris à l’égard des juges que je ne trouve pas acceptable. (…) Il ferait mieux de s’occuper de la police et de la sécurité. Laissons les avocats défendre le droit.

Pensez-vous que Jan Jambon a le public pour lui quand il fait ce genre de déclaration ?

Je ne pense pas, car on voit aujourd’hui que les hommes politiques ont perdu de leur crédit, alors que les juges ont, eux, une très grande crédibilité dans l’opinion publique.

Montesquieu diait "il n’y a d’Etat de droit que dans la séparation des pouvoirs". Peut-on dire que cette séparation s’estompe aujourd’hui ?

Oui, et je pense que les choses ont évolué depuis Montesquieu. Aujourd’hui, il n’y a plus trois pouvoirs en tant que tels. L’exécutif et le législatif sont de très grande proximité. Et puis il y a le pouvoir dont vous faites partie, les médias et de la presse, qui est certainement aussi important aujourd’hui. Mais ce qui est certain, c’est qu’on constate en Belgique une attitude de l’exécutif et du législatif Jà l’égard de la magistrature qui n’est pas toujours très convenable.

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