"Face à un nouveau choc, les banques seraient plus solides" dit le gouverneur de la Banque nationale

En janvier 2019, Pierre Wunsch a succédé à Jan Smet au poste de gouverneur de la Banque nationale de Belgique. Mais à l’heure d’une banque centrale européenne, quelle est aujourd’hui la fonction de la Banque nationale ? Pierre Wunsch a répondu aux questions d’Eddy Caekelberghs dans Au bout du jour.

Comme l’explique Pierre Wunsch, la fonction de la Banque nationale de Belgique a trois dimensions : "Il y a tout d’abord une dimension internationale. Alors oui, on a perdu le contrôle de la politique monétaire, mais qui était en fait aligné sur l’Allemagne. Maintenant, je suis autour de la table avec les autres gouverneurs des banques centrales européennes pour décider de la politique monétaire européenne". Un deuxième élément est lié au développement économique : "La banque a un département d’étude, et donc le gouverneur s’exprime sur les sujets de politique économique et sociale qui touchent plus directement les activités d’une banque centrale. Pour moi qui suis un économiste, c’est un volet très intéressant". Enfin, on peut voir la Banque nationale de Belgique comme une sorte d’entreprise : "Je suis le chef d’une entreprise un peu particulière. Du jour au lendemain, je suis arrivé en haut de la pyramide. Il y a donc tous les problèmes et tous les enjeux d’une institution de 2000 personnes qui arrivent sur la table. Et puis, on travaille à s’adapter, comme le reste de la société, dans toute une série de domaines : travailler sur la digitalisation, sur la mixité, sur l’environnement, etc".

Une expérience intense chez Fortis

Pierre Wunsch n’est probablement pas arrivé à la tête de la Banque nationale belge par hasard. Il y a quelques années, il a fait partie de l’équipe Fortis au moment le plus critique : "J’ai vécu des choses de très près chez Fortis. Je suis arrivé en octobre 2008, et trois jours après, c’était la vente. On travaillait en moyenne quinze heures par jour, 7j/7. J’ai peut-être eu un avantage sur les autres, c’est que j’étais nouveau, et ce n’était donc pas mon monde qui s’écroulait. Mais ça restait intense. On a le sentiment d’avoir participé à quelque chose d’important, et d’avoir sauvé les meubles".

Eviterons-nous de nouvelles crises ?

L’expérience de Fortis a évidemment levé le voile sur de nombreuses pratiques risquées utilisées par les banques. Aujourd’hui, des mesures ont été prises pour éviter de nouveaux sauvetages, mais qu’en est-il vraiment ?

"On a fait énormément de choses au niveau international, explique Pierre Wunsch. On essaye de mener une politique en matière prudentielle et de contrôle de banque qui soit beaucoup plus harmonieuse et cohérente au niveau européen. Cela permet d’éviter la concurrence entre les régulateurs qui essayent de protéger leur banque. Globalement, on a augmenté les coussins de capital des banques par trois depuis la crise, ce qui n’est pas marginal. Cela nous rend assez optimiste, car je pense que s’il fallait faire face à un nouveau choc, les banques seraient plus solides. On a maintenant une capacité de résistance qui est plus grande".

 

 

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