Denis Charbit: " La question palestinienne s'invitera à chaque fois par le sang "

Denis Charbit: « La question palestinienne s’invitera à chaque fois par le sang »
Denis Charbit: « La question palestinienne s’invitera à chaque fois par le sang » - © Tous droits réservés

70 ans d’état d’Israël. Mais aujourd’hui, dans quel état est Israël ? Eddy Caekelberghs a posé Denis Charbit dans Au bout du jour. Pour lui, les défis relevés par Israël ont été nombreux. Mais il évoque aussi une illusion selon laquelle la question palestinienne pourrait être gérée sans être résolue. Pour lui, ce n'est pas tenable.

Créé il y a 70 ans, comment considérer aujourd’hui l’état d’Israël ? "Si on considère la durée, explique Denis Charbit, on voit que les israéliens ont la conviction d’avoir opéré une révolution qui va dans le bon sens. Israël était un état dont tout un chacun mesurait la fragilité existentielle. Personne ne donnait bien cher de la survie de cet état ". Or Israël n’est pas seulement parvenu à construire un état, mais il a relevé le défi de bâtir une nation. Pour Denis Charbit, les israéliens ont le sentiment aujourd’hui que leur existence est établie et solide".

Israël et les Etats-Unis

Comme l’explique Denis Charbit, le lien entre Israël et les Etats-Unis s’est intensifié depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump : "Il y a toujours eu une relation spéciale entre Israël et les Etats-Unis, en tout cas depuis Johnson, Nixon, etc… Sauf Obama, en quelques sortes. Mais là on est plus que dans des intérêts complémentaires. On est véritablement dans un alignement de Donald Trump sur la politique israélienne. Il y a une sorte de retournement idéologique, d’où la décision de transférer l’ambassade américaine. C’est une nouvelle convergence entre les élites américaines et les élites israéliennes".

La question palestinienne 

Elle s’est, sinon volatilisée, largement effacée des négociations au sein de la communauté internationale. Mais selon Denis Charbit, il est illusoire de croire qu’on peut la laisser de côté : "Cet aveuglement, ou ce sentiment, qu’elle n’existe plus, c’est une vue de l’esprit. Même si les grandes puissances ont beaucoup d’autres chats à fouetter aujourd’hui, elle s’invitera à chaque fois par le sang et par pression politique. Je pense qu’on mettra le temps, et que la transition après Mahmoud Abbas peut être une chance inespérée pour avoir une direction beaucoup plus jeune. Du côté israélien il faudra se réveiller également. Mais par rapport à cette illusion de croire que la question palestinienne peut être gérée sans être résolue, je crois qu’il ne faut pas céder au fatalisme".

Pour réécouter l’intégralité de cet entretien :

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