Delphine Batho: "L'écologie ne rime pas avec sacrifice"

L’écologie intégrale et volontariste, est-ce un sacrifice ? Les mouvements citoyens écologistes sont-ils en passe de bousculer la politique ? Pour débattre de ces questions, Eddy Caekelberghs a rencontré dans  Au bout du jour Delphine Batho, auteur ayant publié l’ouvrage "Ecologie intégrale. La manifeste".

Dans l’esprit de certains, faire des efforts pour l’environnement et le climat rime nécessairement avec la notion de sacrifice. Mais pour Delphine Batho, c’est l’inverse : "Ce n’est pas un sacrifice. C’est une libération. Une émancipation par rapport à une société qui n’a plus de sens, plus d’objectifs".

Elle prend notamment l’exemple de notre modèle économique libéral : "Il faut une rupture par rapport au modèle culturel de l’hyperconsommation. Ce modèle nous fait croire que la règle du jeu est : "Je consomme, donc je suis". Cette règle pernicieuse est la base, le fondement de notre modèle économique, qui place au centre de ses valeurs l’argent, l’indice du PIB, etc. Il oublie le plus important, à savoir la possibilité d’être vivant. Or le monde du vivant est aujourd’hui menacé par le réchauffement climatique et la destruction massive de la biodiversité".

"L’écologie n’est pas un retour en arrière, c’est un progrès"

Prenant le contre-pied de cette peur liant l’écologie au manque de confort ou à un retour en arrière, Delphine Bathot affirme : "Pour moi, voir que de plus en plus de personnes font le choix d’acheter des produits bios, sans additifs, ou sans emballages plastiques inutiles, ce n’est pas un retour en arrière, c’est un progrès. C’est une rupture avec une société du gâchis, et avec une société qui oublie la vraie valeur des choses".

Concernant l’action politique, elle vise le monde politique dans son ensemble, sans prendre parti : "Je suis en rupture avec le modèle du libéralisme, mais aussi avec le modèle du socialisme. Il concentre le débat simplement sur la production des richesses et leur répartition. Mais aujourd’hui le problème, c’est le mode de production, qui participe à la destruction de la nature. Ce qu’il faut, c’est inventer un autre modèle qui respecte les limites planétaires".

 

 

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