Varoufakis défend avec ardeur son "plan grec" devant les dirigeants européens

L'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a défendu samedi avec ardeur et un humour souvent teinté d'amertume, son "plan" pour sortir la Grèce de la crise, que les responsables européens, a-t-il assuré, n'ont jamais voulu prendre en compte.

"Il a été impossible de le mettre sur la table de l'Eurogroupe ou de le discuter avec la troïka" des créanciers de la Grèce, a-t-il déclaré devant des dizaines de responsables européens et italiens, rassemblés à Cernobbio (nord), dans le cadre du Forum Ambrosetti.

Gauchiste radical

"Pourquoi nous a-t-on refusé le droit de le discuter ?", s'est interrogé l'ancien ministre, pour qui la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) considérait ce "plan grec" comme un "acte hostile".

Pourtant, il a été concocté avec l'aide d'experts internationaux comme le "gauchiste radical" Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor américain, a ironisé M. Varoufakis, pour qui il ne fait aucun doute que ce plan aurait fonctionné.

Les Européens ont pourtant privilégié un accord dont "le ministre allemand des Finances Wolgang Schäuble, moi-même, le Trésor américain, le Fonds monétaire international et tant d'autres personnes disons qu'il est impossible à mettre en oeuvre avec succès", a-t-il insisté.

Nous n'avons toujours pas de plan de croissance

Dans ce memorandum européen, il n'y a rien sur la croissance, à part une référence à un plan devant être élaboré d'ici mars 2016, a assuré l'ancien ministre démissionnaire.

"Après toutes ces années, nous n'avons toujours pas de plan de croissance !", a-t-il lancé, estimant que la diète imposée à la Grèce s'était révélée un "échec spectaculaire".

M. Varoufakis a alors avancé une hypothèse: "Nous sommes confrontés à une "guerre de religion" entre "l'Europe catholique", prête à la mansuétude face au mauvais payeur, et "l'Europe calviniste", rigoureuse et soucieuse du respect des engagements".

"Je me demande où se trouvent les Grecs" dans ce contexte, s'est-il interrogé, évoquant une situation où "on a voulu imposer des réformes économiques orthodoxes et que tout cela s'est fini dans une grande contestation catholique".

Tout comme "la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont divisées par une langue commune (...), les Européens sont parvenus à se diviser sur une monnaie commune", a poursuivi l'ancien ministre grec, qui a multiplié ces dernières semaines interventions et interviews pour dénoncer l'entêtement des Européens.

Le problème de l'Europe, c'est que la France et l'Allemagne ne sont pas d'accord sur la forme que doit prendre la future union politique, a-t-il encore assuré.

"L'inefficacité de la zone euro est due à l'absence d'un gouvernement démocratique de notre monnaie", a conclu l'ancien ministre, d'un ton désabusé.

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