Un député dénonce l'enrichissement de l'Allemagne sur le dos de la Grèce

Gregor Gysi, l'un des leaders de Die Linke, parti allemand de gauche radicalement antilibéral.
Gregor Gysi, l'un des leaders de Die Linke, parti allemand de gauche radicalement antilibéral. - © TOBIAS SCHWARZ - AFP

La semaine dernière, une intervention de Gregor Gysi, l'un des leaders de Die Linke, parti allemand de gauche radicalement antilibéral, a livré un discours virulent devant le Bundestag. Face aux députés allemands, il a exposé tout ce qui, à ses yeux, semblait faire du plan de sauvetage de la Grèce un scandale duquel les députés allemands ne "peuvent pas être complices".

"La privatisation d’une propriété publique grecque au bénéfice d’une propriété publique allemande"

Sa diatribe est évidemment très orientée mais les faits exposés (déjà connus) sont assez saisissants une fois mis bout-à-bout.

"14 aéroports grecs rentables vont être vendus à la société allemande Fraport, une société détenue majoritairement par l’État allemand. Nous parlons ici de la privatisation d’une propriété publique grecque au bénéfice d’une propriété publique allemande!", a commencé par s’offusquer l’ancien président du parti socialiste d’ex-RDA. Un fait qui le dérange d’autant plus que "le prix de vente est incroyablement bas. En procédant ainsi, le gouvernement grec ne pourra jamais réaliser les 50 milliards que vous lui avez demandé de faire avec ces privatisations".

"L’Allemagne n’a pas donné un centime à la Grèce depuis le début de la crise"

Lors de son intervention, le député a soulevé un autre point de l’accord "difficile à croire, mais pourtant vrai". A savoir, que "le gouvernement grec n’est pas autorisé à licencier ou à embaucher, ni directeurs ni managers de banque. Les institutions européennes sont responsables de cela. Comment voulez-vous, dans ces conditions, combattre la corruption? C’est une limitation insensée de la souveraineté grecque".

"Et le pire est que le gouvernement grec ne peut pas discuter publiquement des propositions de loi, et encore moins la présenter devant le parlement. C’est la destruction de la démocratie parlementaire. Nous ne pouvons pas être complices de ces pratiques", dénonce encore l’élu de Die Linke.

Et tout cela a été imposé au partenaire grec alors qu’à "ce jour, l’Allemagne n’a pas donné un centime à la Grèce depuis le début de la crise. Il faut le dire et le répéter, 100 fois si nécessaire", estime-t-il.

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