"Syriza soutient le capitalisme": les anti-austérité manifestent à Athènes

Les adversaires de l'austérité ont défilé devant le parlement à Athènes
Les adversaires de l'austérité ont défilé devant le parlement à Athènes - © LOUISA GOULIAMAKI - AFP

Entre 7 et 8000 personnes (selon la police) ont manifesté ce vendredi dans le centre d'Athènes pour demander que le Premier ministre grec Alexis Tsipras respecte leur vote "non" au référendum en plein débat au Parlement sur les propositions soumises aux créanciers.

Un cortège qui a défilé entre la place Syntagma, siège du Parlement grec, et la place Omonia, était formé des sympathisants du mouvement PAME (syndicats du parti communiste grec KKE). Il a rejoint devant le parlement des manifestants anti-austérité, qui appelaient au respect de leur vote contre le programme des créanciers.

"Pas d'autres mémorandums", "la Grèce n'est pas une colonie!", "Syriza soutient le capitalisme", "Non!", pouvait-on lire sur les banderoles déployées par les manifestants, qui scandaient également: "la crise doit être payée par la ploutocratie!".

"Le gouvernement recule sur tous les fronts"

"Si les Grecs ont voté aussi massivement pour le non, c'est parce qu'ils voulaient mettre fin à la rigueur. Le gouvernement n'en tient pas compte et vote désormais un nouveau mémorandum. La Grece ne peut pas endurer plus d'austérité!", a réagi Evgenia Roussos, une étudiante proche d'"Antarsia", un groupuscule d'extrême-gauche.

"Je pense que l'accord va passer et c'est désolant! Le gouvernement recule sur tous les fronts. Il se moque du vote des grecs", a déclaré de son côté Antonis Afieris, 30 ans, employé de bureau.

Les manifestants entendaient mettre la pression sur le gouvernement qui a rendu public dans la nuit de jeudi à vendredi un nouveau jeu de propositions à destination des créanciers qui devait être soumis au vote du Parlement plus tard dans la soirée.

Chantage

A l'unisson des manifestants dans la rue, cinq membres de la plateforme de gauche du parti, dont trois députés, ont d'ores et déjà estimé que le gouvernement ne devait pas céder au "chantage" des créanciers.

Certains médias estimaient qu'une dizaine de députés Syriza et quatre de son partenaire de coalition Grecs indépendants (Anel) pourraient voter non ou s'abstenir, mais Alexis Tsipras devrait pouvoir compter sur l'appui des grands partis d'opposition, qu'il a abondamment consultés cette semaine.

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