Alexis Tsipras: "Au lendemain du référendum, nous serons tous unis"

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé jeudi les Grecs "à l'unité nationale" pour "surmonter la difficulté temporaire" que traverse le pays, et promis qu'au lendemain du référendum de dimanche, le pays "sera uni".

"Au lendemain du référendum, nous serons tous unis" pour essayer de surmonter "la difficulté temporaire" que le pays traverse, a indiqué Alexis Tsipras à l'issue d'un entretien avec Panos Kammenos, ministre de la Défense et dirigeant du parti souverainiste des Grecs Indépendants (Anel). Anel participe à la coalition gouvernementale avec la gauche radicale Syriza du Premier ministre depuis les législatives de janvier.

Cet appel à l'unité nationale intervient à trois jours du référendum décidé par le gouvernement et portant sur de nouvelles mesures d'austérité proposées par les créanciers du pays UE et FMI. Cette perspective a fortement divisé les électeurs en Grèce, le oui ayant été assimilé par les créanciers à la poursuite de l'orientation "européenne" du pays, le non à une éventuelle sortie du pays de l'euro (Grexit).

"Respecter la procédure démocratique"

Il faut "respecter la procédure démocratique et sauvegarder l'unité nationale", a souligné Alexis Tsipras. Alors que le Premier ministre a appelé mercredi les électeurs à voter non, trois députés des treize de l'Anel ont clairement pris position jeudi contre la décision d'organiser un référendum et pour le "oui", sur fond de rumeurs de dissensions au sein de la majorité.

"Je demande au président de la République de convoquer les chefs de parti et d'annuler le référendum, nous n'avons pas pour mandat de fermer les banques et d'opérer des saisies sur les dépôts bancaires", a ainsi indiqué le député ANEL Vassilis Kokkalis, sur la radio ANT1.

Le gouvernement pourrait démissionner en cas de oui

L'appel à l'unité lancé par le chef de gouvernement grec dénote quelque peu avec ce qu'avait déclaré plus tôt du ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. "Nous pourrions démissionner mais nous le ferons en esprit de coopération avec ceux qui prendront le relais après nous, avait-il dit à une radio australienne. Nous croyons que le verdict du peuple doit être respecté."

Selon un sondage publié mercredi dans la presse, près d'un Grec sur deux (46%) a l'intention de voter non au référendum mais ce pourcentage a chuté depuis la mise en place du contrôle bancaire: ils étaient 57% deux jours plus tôt.

"Ils sont prêts à l'accord mais ils voulaient entendre le peuple"

Yanis Varoufakis, s'est cependant dit certain mercredi qu'un accord pouvait être trouvé rapidement après le référendum organisé dimanche par Athènes sur les propositions des créanciers du pays qui, d'après lui, sont "prêts à une solution".

"Lundi, les créanciers auront eu le message du peuple grec. Ils sont prêts à l'accord mais ils voulaient entendre le peuple", a affirmé le ministre à la télévision publique ERT. Et la Grèce de son côté "veut lundi matin une discussion substantielle sur une solution viable", c'est-à-dire comprenant des propositions sur la restructuration de la dette et pour la reprise, a-t-il ajouté. A cette condition, "nous sommes prêts à accepter des mesures difficiles", a affirmé le ministre des Finances.

La "Grèce est et va rester dans l'euro"

"Lundi, il faudra que dans le cadre de l'Eurogroupe nous trouvions une solution", a-t-il encore insisté, plaidant de nouveau le "non" au référendum de dimanche qui donnera, selon lui, plus de poids à la position grecque. Il a insisté sur le fait que la "Grèce est et va rester dans l'euro".

Interrogé sur la levée des mesures de contrôle des capitaux et fermeture des banques en vigueur depuis lundi, il a affirmé que cela serait possible "immédiatement" en cas d'accord. Le décret du gouvernement organisant cet état bancaire d'exception est en vigueur jusqu'à mardi.

De la même façon, il a assuré avec fermeté que les réserves des banques suffiraient pour délivrer, le temps du contrôle des transactions, les 60 euros de retrait quotidien auxquels ont droit les Grecs aux distributeurs automatiques.

Athènes a fini par demander mardi un nouveau plan d'aide sur deux ans permettant de couvrir ses besoins, soit environ 30 milliards d'euros, tout en restructurant sa dette. Une demande dont la zone euro veut bien discuter, mais seulement après dimanche.

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