Grèce: les dissidents de Syriza créent un nouveau parti

L'ancien ministre de Tsipras, Panayótis Lafazánis, a pris les commandes du nouveau groupe parlementaires créé par les dissidents de Syriza.
L'ancien ministre de Tsipras, Panayótis Lafazánis, a pris les commandes du nouveau groupe parlementaires créé par les dissidents de Syriza. - © ARIS MESSINIS - AFP

Au moins 25 députés dissidents de la Gauche radicale Syriza ont annoncé vendredi leur intention de former un groupe parlementaire nommé "Union populaire", au lendemain de la démission du Premier ministre et dirigeant de Syriza Alexis Tsipras, a indiqué le site d'information Left.gr, proche de ce parti.

Cette nouvelle formation sera la troisième en importance de la Vouli, assemblée parlementaire de 300 membres, devant le parti centriste To Potami et le parti d'extrême droite Aube dorée qui comptent 17 élus chacun.

Cette annonce confirme la fracture au sein de Syriza, le parti qui avait emporté les élections du 25 janvier avec 36,3% des voix en promettant la fin de la politique d'austérité.

Un ancien ministre de Tsipras aux commandes

Le nouveau groupe parlementaire est dirigé par l'intransigeant Panayótis Lafazánis, 63 ans. Ex-ministre de l'Environnement et de l'Energie, il avait perdu son portefeuille lors du remaniement ministériel de juillet. Lafazánis s'était vertement opposé, avec d'autres députés de Syriza, à l'accord passé entre Athènes et l'UE sur une nouvelle aide de 86 milliards d'euros sur trois ans, accompagnée par un train de mesures d'austérité.

Fervent opposant des politiques de rigueur, Panayótis Lafazánis, avait en outre accusé Alexis Tsipras "de trahir" la ligne de Syriza et de céder devant les pressions des créanciers, UE et FMI.

En marge de cette annonce, le bouillant ex-ministre a accusé Alexis Tsipras d'avoir décidé "l'organisation d'élections anticipées, ce qui est anti-démocratique" et d'avoir cédé par peur aux pressions des créanciers, l'UE et le FMI. "Qui gouverne la Grèce, (Jean-Claude) Juncker (président de la Commission européenne) ou (Angela) Merkel (la chancelière allemande)? ", a lancé Panagiotis Lafazanis lors d'une conférence de presse. Il n'a pas hésité à se prononcer pour la sortie de la Grèce de la zone euro, "si les politiques d'austérité continuent" et il s'est dit en faveur de la nationalisation des banques afin d'assurer des liquidités et relancer l'économie.

"Le pays ne tolère pas d'autres mesures d'austérité, s'il le faut nous allons procéder à la sortie de la zone euro, ce qui n'est pas un désastre, d'autres pays en Europe sont hors de la zone euro, il ne faut pas avoir peur ou diaboliser" une telle solution, a-t-il dit.

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