Grèce: "La confiance était abîmée, ce soir elle n'a pas été réparée" selon Charles Michel

La réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro a permis de tenir une discussion franche et ouverte, mais sans aucune proposition concrète et précise du Premier ministre grec Alexis Tsipras. "Ce sera le moment de vérité, dans les quelques jours qui viennent", a mis en garde le Premier ministre belge Charles Michel.

"C'était une réunion franche et ouverte, il n'y a pas eu de langue de bois", a commenté le Premier ministre. "Nombreux sont ceux qui ont indiqué que l'organisation d'un référendum avait rendu les choses plus délicates."

Les chefs d'Etat et de gouvernement ont dû constater qu'Alexis Tsipras ne proposait pas encore de mesures concrètes et précises. "J'ai d'ailleurs marqué mon étonnement de voir un Premier ministre ayant la volonté - que je partage - de porter le débat au plus haut niveau politique ne vienne en fait qu'avec des phrases générales et rien de neuf."

Le Premier ministre grec a promis de présenter des propositions au plus tard jeudi. "En fonction des propositions faites, on verra s'il y a une base suffisante pour mener de nouvelles négociations", a expliqué le Premier ministre belge, précisant que "c'est le moment de vérité, dans les quelques jours qui arrivent".

Les Grecs doivent déposer une demande d'aide au Mécanisme européen de solidarité (MES) mercredi. "Il y a une question urgentissime, qui est celle de la liquidité des banques grecques", souligne Charles Michel. Selon lui, Alexis Tsipras serait venu avec "des demandes d'argent complémentaires, mais pas de propositions concrètes".

Les dirigeants européens se réuniront à nouveau dimanche, probablement d'abord juste entre dirigeants de la zone euro, avant d'élargir la réunion aux autres Etats membres. Il s'agira d'expliquer ce qui se passe aux autres chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne.

"Il y a quelques jours, j'ai dit que la confiance était abîmée, ce soir elle n'a pas été réparée", a indiqué Charles Michel. "C'est maintenant ou jamais!"

"Une forme de lassitude face à un gouvernement qui repousse sans cesse le moment de prendre ses responsabilités"

La réunion des chefs d'Etat et de gouvernement mardi soir à Bruxelles servira d'abord à écouter ce que le Premier ministre grec Alexis Tsipras a à dire, avait indiqué à son arrivée au sommet le Premier ministre belge Charles Michel, avouant toutefois "une forme de lassitude face à un gouvernement qui repousse sans cesse le moment de prendre ses responsabilités".

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, réunis mardi soir en sommet à Bruxelles, se retrouvent alors qu'un Eurogroupe, plus tôt dans la journée "n'a pas livré grand chose de productif ou d'intéressant", selon M. Michel.

Le nouveau ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, n'a pas présenté de nouvelles propositions à ses homologues de la zone euro, repoussant au sommet de mardi soir la discussion à ce sujet.

"Nous attendons de M. Tsipras des propositions concrètes, précises, convaincantes", a commenté le chef du gouvernement belge. "Nous allons d'abord écouter ce qu'il a à dire".

"Le devoir d'un Premier ministre est de prendre ses responsabilités", a insisté M. Michel, qui a avoué "une forme de lassitude face à un gouvernement qui repousse sans cesse le moment de prendre ses responsabilités". "Pour faire un accord, il faut être deux", a-t-il rappelé.

Sans réaction de la part des Grecs, il pourrait y avoir un risque de contamination à d'autres pays européens, a-t-il mis en garde. "S'il n'y a rien sur la table, c'est parce que le Premier ministre grec ne sait pas prendre de décision pour satisfaire la volonté de son peuple de rester dans la zone euro", a-t-il encore commenté.

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