Dette grecque: "Les créanciers devraient faire un geste", estime Philippe Maystadt

La Grèce a proposé mardi à ses créanciers de conclure avec le Mécanisme européen de stabilité (MES) un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers tout en restructurant sa dette. Cette demande est "logique", selon Philippe Maystadt, ancien président de la Banque européenne d’investissement (BEI) : puisque le deuxième programme d’aide de 142 milliards d’euros, financé par le Fonds européen de stabilité financière, a expiré le 30 juin, il est inévitable de demander un troisième programme d’aide, au MES. Dans ce cas, il est prévu que le Conseil du MES fasse appel à la Commission européenne qui, en liaison avec la Banque centrale européenne (BCE) et avec le Fonds monétaire international (FMI), établira un "memorandum of understanding", un programme qui sera la condition de l'octroi de l’aide financière.

"Le Bundestag allemand détient un droit de veto sur l’octroi d’une aide financière"

"La décision sur l’octroi de l’aide financière par le MES doit être prise à 85% des voix. A elle seule, l’Allemagne détient 27% de ces voix. En fait, le Bundestag allemand détient un droit de veto sur l’octroi d’une aide financière" précise Philippe Maystadt. Il se montre optimiste : "Les positions évoluent de part et d’autre sur un certain nombre de questions qui ont fait l’objet de débats difficiles" telles que les petites pensions ou les taux de TVA.

Comme l’économiste Paul De Grauwe, Philippe Maystadt estime que le poids de la dette "n’est pas le problème majeur de la Grèce". En moyenne pour les dix prochaines années la dette ne représenterait que 2,6% du PIB grec, c’est moins que la Belgique. Le chiffre total de cette dette, qui dépasse les 320 milliards d’euros (175% du PIB), à l’air impressionnant. Mais ce qui compte c’est le coût annuel du remboursement du capital et des charges d’intérêts : le taux d’intérêt moyen sur la dette grecque est de 2,26%. C’est moins que l’Allemagne, qui paie 2,37%, ou que la Belgique, qui paie environ 3%, souligne-t-il.

La zone euro peut-elle vivre sans la Grèce?

Il pense toutefois que les créanciers devraient faire un geste à propos de la dette grecque : "Ce ne serait pas un grand effort et ce geste permettrait au Premier ministre grec de dire qu’il a obtenu quelque chose. Et peut-être de demander aux Grecs de voter ‘oui’ au référendum". Pour Philippe Maystadt, "c’est l’absence de croissance" qui est le problème de la Grèce.

La zone euro pourrait-elle vivre sans la Grèce ? "Oui, avec difficultés peut-être, à terme oui" conclut Philippe Maysatdt.

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