Grèce: "On est dans l'irrationnel pur", trois questions à Anne Blanpain (vidéos)

Les épisodes se succèdent, les décisions se multiplient et se contredisent parfois, les déclarations aussi. Après plus d'une semaine d'une situation tendue, les discussions entre la Grèce et ses "partenaires" sont aujourd'hui au point mort.

Pour la plupart des observateurs, il reste difficile de prévoir l'avenir. Après le défaut de paiement de la Grèce vis-à-vis du Fonds monétaire international mardi - en n'honorant pas un remboursement de la dette de 1,6 milliards d'euros - le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a indiqué mardi à ses partenaires de l'Eurogroupe que la Grèce était prête à suspendre son référendum "si ses collègues des finances s'entendent rapidement avec lui".

Pour la chancelière allemande Angela Merkel, il reste hors de question de reprendre les négociations tant que le référendum prévu par le gouvernement d'Alexis Tsipras n'est pas terminé.

Quelle est la stratégie du gouvernement grec? L'Eurogroupe pourrait-il infléchir sa politique vis-à-vis de la Grèce? Quelles sont les perspectives aujourd'hui? Nous avons tenté d'apporter un éclairage sur les hypothèses sur la table, avec Anne Blanpain, notre journaliste spécialiste des questions européennes.

Mais où en est-on?

Tout d'abord, si le grand public ne comprend plus ce qui se passe, c'est aussi le cas des spécialistes de la question: "Depuis 5 mois que le gouvernement Tsipras est en place, c'est le moment où la situation est la plus difficile à analyser", explique notre journaliste. "On a l'impression que chacun veut faire porter à l'autre la responsabilité de l'échec des négociations".

 

Quelle est la stratégie du gouvernement grec?

D'un côté, le ministre grec des Finances affirme qu'il est possible d'annuler le référendum, de l'autre Angela Merkel ne veut plus rien décider tant tant que celui-ci ne s'est pas tenu. Alexis Tsipras fait-il du "chantage", comme le disent certains aujourd'hui? Pas vraiment, explique Anne Blanpain. Tsipras "s'est senti complètement acculé par des Européens qui font totalement bloc, et s'est dit que cela allait débloquer des choses".

Mais cela reste compliqué: comment gérer l'après-référendum? Comment, pour le gouvernement grec, gérer aussi ce "problème de confiance" que ses partenaires européens avancent aujourd'hui?

 

Est-ce que les Européens pourraient changer leur tactique vis-à-vis de la Grèce?

Des critiques déplacées vis-à-vis d'une décision démocratique - la tenue d'un référendum -, des programmes d'aide inefficaces d'après nombre d’économistes, une situation bloquée: est-ce que la politique de l'Eurogroupe pourrait être infléchie?

"Les Européens veulent que Tsipras s'engage pour le 'oui' au référendum, et en échange on pourrait reparler de la restructuration de la dette". Car, explique Anne Blanpain, c'est la question centrale: la dette devrait être échelonnée, et les Européens ne seraient pas contre l'idée... Si le problème de confiance, "totalement subjectif" à l'heure actuelle, ne se posait pas de façon aussi importante.

Regardez l'interview d'Anne Blanpain dans son intégralité, ci dessous:

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