Charles Michel: "Ce plan n'est pas une humiliation, c'est un geste fort de solidarité"

Charles Michel devant le Comité d'avis fédéral sur les questions européennes de la Chambre, lundi 13 juillet.
Charles Michel devant le Comité d'avis fédéral sur les questions européennes de la Chambre, lundi 13 juillet. - © Tous droits réservés

Regardez l'édition spéciale du Journal télévisé, à partir de 18h30, avec comme invités le député européen Louis Michel (MR) et l'économiste Paul De Grauwe.

"Le gouvernement grec devra encore franchir bien des obstacles, mais il n'y avait pas d'alternative", a déclaré à la Chambre, lundi après-midi, le Premier ministre Charles Michel, venu présenter aux députés du Conseil d'avis sur les questions européennes l'accord bouclé au point du jour.

"Le chef du gouvernement grec ne revient pas les mains vides à Athènes. Il peut compter sur un plan d'aide d'au moins 82 milliards, et la possibilité" d'un allègement de la charge de la dette, soit via un allongement des délais de remboursement, soit via un abaissement des taux d’intérêt, a-t-il encore ajouté. Autrement dit, aucun rabotement n'est envisagé, le montant dû reste le même.  

"Nous avons toujours pensé que la Grèce devait rester dans l’euro. Ce point de vue n’a jamais changé", a insisté le Premier ministre, alors que plusieurs députés, dont le CD&V Steven Vanackere, se sont interrogés sur le rôle de la Belgique dans ces négociations : le royaume du compromis est historiquement un conciliateur dans ce genre de débats, mais la presse étrangère l'a rangé, ces derniers jours, parmi les "faucons" favorables à un Grexit.

Sur les mesures à voter dès les 15 et 22 juillet par le parlement grec, Charles Michel rassure. "Ce ne sont pas des textes qui tombent du ciel, ce sont des dossiers discutés depuis des mois, parfois des années. Ils sont prêts, à la virgule. Le gouvernement grec s’était engagé à les voter... Nous en avons discuté avec le Premier ministre grec, ça se fera dans le plus grand respect des procédures parlementaires."

Autorisation préalable pour les licenciements collectifs

L'accord prévoit de modifier le code grec du travail, notamment pour faciliter les licenciements collectifs. Rien que de normal, selon le Premier ministre belge, qui y aura appris quelque chose. "Je l’ai découvert cette nuit. En Grèce, il faut une autorisation préalable du gouvernement pour des licenciements collectifs. Moi, je respecte ça. Mais depuis 1981, il y a une directive européenne qui donne des indications pour cette modernisation qui ne sont pas respectées par la Grèce…" "Pendant ces négociations, le Premier ministre grec a beaucoup consulté", a avancé Charles Michel, contestant toute accusation de "prise d'otage" d'Alexis Tsipras par ses homologues de la zone euro. 

"Il n'y a pas de complot néolibéral"

"Comment peut-on dire que ceci est une humiliation ou un manque de solidarité ? J'affirme que c'est un geste fort de solidarité. En contrepartie on exige de la responsabilité", a-t-il encore répondu, en faisant le total de l'ensemble des plans d'aide à la Grèce engagés depuis l'éclatement de la crise, aux députés d'opposition. Avec ceux, à gauche notamment, qui taxaient cet accord de néolibéralisme, Charles Michel a usé d'une ironie ferme. "On me parle de néolibéralisme... Il y a sept Premiers ministres et chefs d'Etat socialistes [dans l'Eurogroupe], et ce plan a été décidé à l'unanimité. Jeroen Dijsselbloem est socialiste... On ne peut pas estimer qu'il y a une espèce de complot de quelques odieux ministres libéraux, tellement brillants qu'ils tordent le bras aux ministres d'autres partis..."

"Ce n'est pas de l'austérité"

"Maintenant, il faut des actions qui restaurent vraiment la confiance", a-t-il encore lancé. "Mon espoir, quel que soient les gouvernements et les majorités, c'est que nous retrouvions cette confiance. Ce plan, ce n'est pas de l'austérité. Il tend la main à une population et donne à un gouvernement la possibilité de prendre des décisions. La dimension humanitaire n'est pas visée."

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