Strasbourg: Tsipras plaide contre le chômage et pour les entreprises

Après s’être déclaré, mardi, déterminé à trouver un accord avec les créanciers européens, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s’exprimait ce matin devant le Parlement européen de Strasbourg. Peut après midi, la zone euro recevait  une demande formelle d'une nouvelle aide financière, sous forme d'un troisième plan de sauvetage, au titre du Mécanisme européen de stabilité (MES),

Plus tôt dans la matinée, Alexis Tsipras avait assuré, dans sa déclaration devant le Parlement européen, que la crise grecque n'est que le signe de l'impuissance de la zone euro à régler la crise de l'endettement. "Ne laissons pas l'Europe se diviser. Nous voulons trouver un compromis honorable pour éviter une rupture", plaide Alexis Tispras devant le Parlement
européen.

Confiant dans une solution d'ici trois jours

Tsipras se dit "confiant" dans la capacité de la Grèce à répondre aux exigences "dans les deux-trois prochains jours". Le premier ministre grec se défend également de vouloir faire supporter la charge de la dette grecque sur les contribuables européens et promet une réforme de l'Etat. La lutte contre les oligarchies seront, dit-il, les priorités du gouvernement. Même si les premier objectif " doit être de lutter contre le chômage et d'aider les entreprises. "

Si Alexis Tsipras s'est dit "confiant", il n'a pas donné de détails concrets sur les propositions qu'Athènes formulerait dans les trois prochains jours. Il s'est borné à pointer du doigt la corruption, le clientélisme et l'évasion fiscale, nourris, selon lui, par les précédents gouvernements, comme racine de la crise de l'endettement.

 

"Le retour au principes fondateurs de l'Europe"

"Le choix du peuple grec n'était pas la rupture mais le retour aux principes fondateurs de l'UE, des principes de démocratie, de solidarité, de respect mutuel et d'égalité" a plaidé le leader de Syriza.

Devant les députés qui l'ont accueilli chaleureusement, il a déclaré que "Les politiques douloureuses d'austérité mises en place n'ont nulle part ailleurs été aussi dures et longues qu'en Grèce, mon pays est devenu un champ d'expérimentation de l'austérité. Il faut voir la réalité en face: l'expérience a échoué", a lancé aux élus européens Alexis Tsipras qui insiste pour que soit trouvée une solution durable sur la dette grecque.

"Nous sommes déterminés à ne pas chercher l'affrontement avec l'Europe mais de s'en prendre aux mentalités qui ont enfoncé la Grèce et l'eurozone avec elle", a précisé le chef du gouvernement hellène. Il dit souhaiter un accord permettant de sortir de la crise, "avec des réformes et un meilleur partage du fardeau".

D'ici dimanche, date d'un nouveau sommet européen, un terrain d'entente pour des réformes contre de l'argent frais devra être dégagé entre le gouvernement grec et ses créanciers (UE, FMI, BCE), sans quoi la menace du "Grexit" risque de se formaliser.

Les réactions au discours d’Alexis Tsipras

L'intervention de M. Tsipras a été très diversement appréciée. Le président du groupe majoritaire conservateur, l'allemand Manfred Weber, a estimé que la politique menée par Tspiras était indigne. Il l’a accusé de mentir à son peuple.

Pour sa part , Guy Verhofstradt, chef de file libéral, a exhorté le Premier ministre à présenter un paquet de réformes "crédible" : "Vous nous parlez de réformes mais nous n'en voyons pas la couleur."

Abondant, au contraire, dans le sens de la position grecque, Gianni Pitella, leader des socialistes au Parlement européen, a affirmé que son groupe n’accepterait jamais un 'Grexit' : " L'Europe sans la Grèce n'est pas l'Europe"

Les trois jours qui pourraient changer l'Europe

Les trois prochains jours s’annoncent politiquement intenses, alors que le président du Conseil européen, Donald Tusk, a encore rappelé que dimanche sera la date limite pour trouver une solution à la crise grecque. Faute d'accord, ce sera, selon Donald Tusk, "le scénario du pire", et donc la faillite des banques grecques avant la sortie du pays de la zone euro.

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