La coalition anti-État Islamique est inquiète pour la Libye

Didier Reynders représente la Belgique à la réunion de Rome
Didier Reynders représente la Belgique à la réunion de Rome - © NICHOLAS KAMM - AFP

Une vingtaine de pays membres de la coalition internationale rassemblée pour combattre le groupe djihadiste État islamique ont salué mardi à Rome les progrès enregistrés contre Daech, qui a perdu du terrain tant en Irak qu'en Syrie, a affirmé le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, en exprimant toutefois son inquiétude face à la situation en Libye.

Didier Reynders représentait la Belgique à cette réunion rassemblant des ministres des Affaires étrangères ou des représentants de 23 pays, en présence de l'Américain John Kerry, dont le pays a pris la tête en août 2014 de cette coalition anti-Daech. La réunion était destinée à faire le point sur la lutte contre l'EI, qui a cédé du terrain en Syrie et en Irak mais se renforce en Libye.

"Nous allons dégrader et détruire Daech et nous devons le faire plus rapidement", a affirmé John Kerry à l'ouverture de la conférence.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a affirmé que les premiers signes d'un succès dans la lutte contre l'EI étaient apparus en Irak, où les djihadistes sunnites ont perdu 25% du terrain qu'ils avaient conquis lors d'une offensive éclair en août 2014 et où plusieurs villes ont été libérées.

Le retour des F-16 belges

Didier Reynders a indiqué à l'agence Belga qu'il avait félicité le gouvernement irakien pour ses succès militaires - avec l'appui militaire de la coalition, qui regroupe au total une soixantaine de pays. Mais il a aussi insisté pour que les régions libérées bénéficient d'une "stabilisation", avec la fourniture de services à la population, comme l'eau, l'électricité et l'enseignement, afin de gagner la confiance des habitants.

Il a confirmé que des avions de combat F-16 belges retourneraient en juillet prochain en Jordanie pour participer, en alternance avec les Pays-Bas, à la campagne aérienne contre Daech en Irak et peut-être - après un débat à mener au parlement - en Syrie, à l'instar d'autres membres de la coalition qui ont étendu leurs opérations à ce pays.

En Syrie, les forces gouvernementales ont poursuivi leur progression mardi dans la région d'Alep (nord), la deuxième ville du pays, avec le soutien de l'aviation russe qui intervient depuis septembre dernier en soutien au régime du président Bachar Al-Assad.

Le chef de la diplomatie belge a invité la communauté internationale à maintenir la pression afin que tous les groupes d'opposition participent aux pourparlers sous l'égide de l'ONU qui se sont ouverts lundi à Genève afin de trouver un règlement politique au conflit qui a fait plus de 220.000 morts depuis le début de la révolte contre M. Assad, en mars 2011.

Il a plaidé en ce sens auprès de son homologue saoudien, Adel al-Joubeir, qu'il a rencontré à Rome.

L'Arabie saoudite continue d'affirmer que le président syrien devra partir "par la négociation ou par la force" et tente d'unifier l'opposition syrienne.

La coalition anti-Daech s'est aussi inquiétée de la menace que pose l'EI en Libye.

L'hôte de la réunion, le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a réaffirmé la nécessité de s'appuyer sur un gouvernement d'union nationale pour y remédier, alors que certains pays songent à une intervention militaire.

Mais le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a démenti mardi toute velléité de la France d'intervenir militairement contre Daech en Libye.

"Il n'est absolument pas question que nous intervenions militairement en Libye", a-t-il affirmé à la presse.

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