Comment l'EI a obtenu autant d'armes, y compris de fabrication belge?

Extrait du reportage 'Inside the Islamic State'
Extrait du reportage 'Inside the Islamic State' - © DR - Vice News

Les combattants de l'organisation terroriste Etat islamique utilisent des armes provenant d'une vingtaine de pays différents: Russie, Chine, États-Unis, Belgique et autres pays européens. En 2014, les djihadistes avaient pris le contrôle de Mossoul, deuxième ville d'Irak. Ils avaient alors allègrement pillé les stocks militaires.

Leur arsenal donne désormais le vertige. Il va de l'arme de poing au tank russe T54. Pour Amnesty International, c'est le résultat de dizaines d'années de transferts "irresponsable" d'armes vers l'Irak, et vers l'ensemble de cette région instable.

L'exemple du fusil FAL, made in Belgium

Un exemple. Les experts de l'organisation ont retracé le parcours d'un lot de fusil FAL de la FN Herstal, utilisé par les djihadistes à Kobane, en Syrie. Ces fusils avaient été vendus par la Belgique au Qatar, il y a 35 ans, en 1979. Ces fusils ont été offerts aux rebelles libyens en 2011, puis sont arrivés aux mains des djihadistes de l’État islamique.

Amnesty International demande un embargo quasi total des armes à destination de la Syrie et une limitation extrêmement stricte des exportations vers l'Irak.

Des chiffres qui donnent le vertige

Voici d'autres chiffres évoqués dans le rapport d'Amnesty:

3: nombre de divisions d'une armée conventionnelle (40 000 à 50 000 soldats) que l'EI aurait pu équiper avec les armes qu'il a saisies durant le seul mois de juin 2014.

12: pourcentage du marché mondial d'armement exporté vers l'Irak dans les années 1980.

15: les dépenses militaires de l'Irak ont été multipliées par 15 en une décennie pour atteindre 9,5 milliards de dollars (8,7 mds d'euros) en 2014.

25: les armes et munitions utilisées par l'EI en Irak et en Syrie proviennent d'au moins 25 pays.

28: le nombre de pays ayant fourni des armes à l'Irak et l'Iran durant la guerre entre les deux pays (1980-1988).

650 000: en tonnes, les stocks de munitions non sécurisés disséminés à travers l'Irak d'après des estimations de l'armée américaine en septembre 2003.

1,6 milliard: le montant en dollars affecté en 2014 par le Congrès américain pour un programme de soutien à la campagne irakienne contre l'EI.

Ecolo demande la suspension des exportations d'armes wallonnes au Moyen-Orient

Ecolo a demandé mardi au ministre-président wallon Paul Magnette de suspendre les exportations d'armes au Moyen-Orient, en Arabie saoudite et au Qatar en particulier.

Fin 2009, le Conseil d’État avait suspendu une licence d'exportation d'armes de la FN Herstal vers la Libye, poussant le gouvernement Olivier (PS, Ecolo, cdH) à durcir trois ans plus tard la procédure d'octroi des licences d'exportation d'armes.

Mais aujourd'hui, pour Ecolo, "en raison de l'instabilité (au Moyen-Orient), suite aux combats, aux prises de guerre, et aux nombreux retournements d'alliance, il est très compliqué, voire impossible, d'y garantir le suivi des flux d'armements".

Les Verts pointent du doigt l'Arabie Saoudite, "qui n'est pas un soutien direct de Daesh, mais a pu livrer des armes à certains groupes armés en Syrie, qui se sont ensuite retrouvées aux mains de Daesh, comme le signale le GRIP", le Groupe de recherche et d'information pour la paix.

"Rappelons que la position commune de l'Union Européenne impose de ne pas accorder de licence d'exportation s'il existe un risque que ces armes soient utilisées afin de contrevenir aux droits humains, ou de mettre en péril la stabilité de la région. La présence de forces armées saoudiennes au Yémen pose question à cet égard", relève la députée wallonne Hélène Ryckmans (Ecolo).

Le parti interpelle le ministre-président wallon Paul Magnette afin de suspendre les livraisons et faire "toute la lumière sur les destinations finales de ces armes déjà livrées". Il demande aussi au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, d'appliquer l'accord de coopération de 2007 entre le Fédéral et les Régions concernant l'exportation d'armes. "Il doit demander aux Régions la suspension de leurs livraisons si celles-ci ne le font pas volontairement", selon le député fédéral Benoit Hellings.

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