Souvenez-vous: le projet Botta

Consultation populaire communale du 2 juin 1996
Consultation populaire communale du 2 juin 1996 - © Journal Télévisé du 2 juin 1996

Pas de parlement wallon au Grognon ! En juin 1996, 54% des Namurois se déplacent aux urnes pour choisir l’emplacement du nouvel hémicycle. Le projet Botta sur le Grognon est massivement rejeté par la population.

Un hémicycle coiffé d’une coupole et une maison des parlementaires en forme de bateau ancré dans la Meuse… Les plans de l’architecte suisse Mario Botta sont audacieux. Trop, peut-être. Le projet va littéralement effrayer les Namurois.

Nous sommes en 1995. Les députés wallons veulent s’installer dans le centre de la capitale wallonne. Un concours international d’architecture est lancé pour construire un nouveau parlement. Et c’est l’esquisse de Mario Botta qui est choisie. Un édifice prestigieux, un paquebot, installé à la pointe du Grognon. La majorité régionale à l’époque, PS-PSC, s’approprie un lieu hautement symbolique, au nez et à la barbe des Namurois.

La réaction ne va pas tarder. La grogne s’amplifie. Des pétitions voient le jour pour s’opposer au projet. Une 50aine d’associations en appellent à la " décence " face à cette " dépense " d’1 milliard (de francs belges) que beaucoup jugent inconsidérée. Certains ministres wallons, mal à l’aise, font marche arrière. C’est le cas du Namurois Bernard Anselme, alors ministre des affaires intérieures. Il demande une consultation populaire.

Ne touchez pas à notre Grognon !

Il faudra un an pour que les parlementaires acceptent l’idée de consulter la population namuroise, un événement rarissime dans l’histoire de la politique wallonne. Le 2 juin 1996, les Namurois sont appelés aux urnes pour répondre à une question à choix multiple : " Etes-vous favorable à l’implantation du parlement wallon sur le site : de la dalle de la gare, de la Plaine Saint-Nicolas, des casernes, du Grognon " ? Pour chaque lieu, le votant a 3 réponses possibles, oui, non, sans avis.

Le résultat est historique pour la population, tant par l’ampleur de la mobilisation que par le signal fort donné par les Namurois. 54% des habitants en âge de voter, soit 41.000 personnes, se déplacent aux urnes, alors que la consultation n’est pas obligatoire. Les chiffres, eux,  sont sans appel. 2 sites ont la faveur des Namurois, la plaine Saint-Nicolas (53,7% de oui) et la dalle de la gare (56,5% de oui). Le Grognon remporte le moins de suffrages, seuls 6,4% de réponses favorables. Exit, le projet Botta.

Le signal donné par les Namurois est tellement fort que, quelques jours après la consultation, le parlement décide de ne pas dépenser le milliard de francs. C’est ainsi que le bâtiment du Saint-Gilles sera finalement aménagé pour héberger les députés wallons.

La rédaction de VivaCité 

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