Le 28 mai 1996, à Kain un des villages satellite de Tournai.
Ce matin-là, comme tous les matins, Sabine, 12 ans, enfourche son vélo pour se rendre à l’école située à un kilomètre de son domicile. Elle n’y arrivera jamais : Marc Dutroux et Michel Lelièvre étaient sur son chemin.
Au début l’hypothèse de la fugue a été évoquée, mais une semaine après la disparition de Sabine, aucun élément ne permettait réellement d’étayer cette piste. Presque un an après les disparitions de Julie et Melissa, 9 mois après celles d’An et Eefje, une autre petite fille disparaît en Belgique.
Les forces de police de tout le royaume se mobilisent et les forces de l’ordre de la région de Tournai récoltent divers témoignages. Rien n’aboutit. La police et la gendarmerie effectuent des fouilles dans les environs, elles ne donnent rien. Le vélo de Sabine est introuvable. Une fois encore, la population se mobilise à grands renforts d’affichettes placées dans tout le pays.
Sabine s'est volatilisée. Aucun indice, aucune piste. Elle est pourtant vivante, elle enfermée dans la cache de Marcinelle. Elle vit l'enfer, la peur, la solitude, les brimades, les violences...
Après 74 jours d’enfermement et pour briser sa solitude, Sabine demande une copine à Marc Dutroux. Le 9 août, il lui amènera Laëtitia Delhez, une autre jeune fille de 14 ans qu'il vient de kidnapper devant une piscine à Bertrix, dans la province de Luxembourg.
Sabine et Laetitia sont vivantes
Marc Dutroux est arrêté le 13 août 1996. Le 15 août, il déclare cyniquement aux enquêteurs qu’il va "leur donner deux filles". Il est alors conduit à son domicile à Marcinelle et désigne la cache de Sabine et Laetitia. Les deux jeunes filles en sortent vivantes et marquées a jamais.
Durant sa détention, Sabine a subi les pires atrocités physiques et psychologiques. Marc Dutroux lui a fait croire qu’elle était abandonnée de tous et notamment par ses parents qui refusaient de payer une rançon pour la récupérer, et que le responsable de son enlèvement voulait quand à lui la tuer. Marc Dutroux, pervers, manipulateur s’érigeait alors en protecteur !
Dans un livre "J’avais 12 ans, j’ai pris mon vélo et je suis partie à l’école", Laetitia détaille son calvaire qui a commencé un matin de mai lorsqu'une camionnette blanche s’est approchée d’elle, le matin où sa vie a basculé, à jamais.