Les 25 personnages clefs de l'affaire Dutroux: Paul et Betty Marchal

Paul et Betty Marchal devant la presse lors de la découverte du corps de leur fille
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Paul et Betty Marchal devant la presse lors de la découverte du corps de leur fille - © belga

C’est le 23 août 1995 que Paul et Betty Marchal sont avertis de la disparition de leur fille An (17 ans) en compagnie d'Eefje (19 ans) alors en vacances à Westende avec des amis. Ces derniers, inquiets, les ont alertés.

La veille, les deux jeunes filles étaient parties en tram au casino de Blankenberge pour assister à un spectacle d’illusionniste. Vers 22h30 elles ont quitté le casino, les caméras de vidéosurveillance l’ont prouvé. Les deux copines ont raté le dernier tram qui devait les ramener à Westende. Elle se rendent alors au terminus à Ostende pour ensuite tenter de rentrer en auto-stop. Un employé de la société De Lijn les a reconnues formellement sur le quai à Ostende, vers 1h20.

Les parents, sans nouvelle de leur fille, se rendent alors à la police d’Hasselt pour y déclarer la disparition. Dès le départ, ils ne croient pas à une fugue. "An a acheté des cadeaux pour nous. Elle a téléphoné l’après-midi. Avant de disparaître, elle m’a demandé quelques recettes parce qu’elle allait faire le dîner le lendemain."

À leur grand désespoir, ce n’est que dix jours plus tard que les recherches commencent réellement.

Pendant près d’un an, les familles Marchal et Lambrecks n’ont que peu trop peu de réponses à leurs questions, il n’y a pas de piste, leurs filles se sont volatilisées, ils se sentent seuls et abandonnés.

Sont-elles toujours en vie ?

Et puis l’espoir renaît le 13 août 1996 avec l’arrestation de Marc Dutroux et la découverte de Sabine Dardenne et de Laëtitia Delhez vivantes. Et si An et Eefje étaient elles aussi cachées quelque part ?

Un espoir bien vite déçu. Le 3 septembre, il reçoivent une information d’un magistrat du parquet de Bruges : le corps de leur fille a été retrouvé. Elle a été enterrée dans le jardin du Chalet d’un complice de Marc Dutroux, Bernard Weinstein, à Jumet.

Paul et Betty Marchal sont sous le choc. Ils font une brève apparition devant les caméras. Ils supplient la presse de ne pas demander de détails et la prie de les laisser dans l’intimité pour partager le deuil.

Tant de questions sans réponse

En octobre 1997, lors de son audition à la commission d’enquête parlementaire sur les enfants disparus, Paul Marchal s’est demandé si, dans toute l’enquête, il n’y avait pas eu de l’incompétence ou de la machination. Il a rappelé qu’au lendemain de la disparition des deux jeunes filles, l’officier de service à la police de Westende n’a pas pris l’affaire au sérieux. Par contre, il salue l’efficacité de la police d’Hasselt qui, dans ce dossier, a fait ce qu’elle pouvait. Quant au parquet de Bruges, continue-t-il, il a mis 10 jours pour entamer son enquête.

Au terme des travaux de la commission d’enquête, Paul Marchal s’est dit très déçu des conclusions, il estimait que les responsabilités n’étaient pas assez précisées.

En avril 1999, Paul Marchal devient le président du PNPB, le "Parti pour une nouvelle politique". Il révèle son programme. Il veut "un avenir meilleur pour nos enfants". Il se présentera au scrutin du 13 juin en tête de trois listes, l’Europe, le Sénat et sur la liste anversoise du parlement flamand. La défaite est cuisante. Il se retirera de la politique et décide de consacrer son temps à suivre le dossier sur la mort d’An.

Les parents d’An et Eefje n’ont toujours pas d’information sur le contexte de l’enlèvement de leurs filles. Ils ne savent par exemple pas où elles ont exactement été enlevées. Il introduisent alors une demande de reconstitution de leur enlèvement. En mai 2002, la Chambre des mises en accusation de Liège rend un arrêt défavorable.

Le doute et les interrogations persistent jusqu’au procès retentissant d’Arlon en mars 2014 où, après plus de 3 mois de débat, le 17 juin 2004 la vérité judiciaire sera dite. Paul Marchal se dit satisfait du verdict. "Pour ma fille, la satisfaction est totale. Je suis très content parce que tous les trois vont avoir des punitions graves à mon avis."

Deux ans après la disparition d’An et Eefje, Paul Marchal a présenté un livre "À la recherche d’An et Eefje" reprenant des notes depuis le 22 août 1995 jusqu’au 21 octobre 1996, au lendemain de la Marche Blanche.

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