Les 25 personnages clefs de l'affaire Dutroux: Marc Dutroux

Arrestation de Marc Dutroux.
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Arrestation de Marc Dutroux. - © BELGAIMAGE

Marc Dutroux est né le 6 novembre 1956. Ses parents sont instituteurs et il est l’aîné de la famille. Après une scolarité quasi normale, il obtient un diplôme d’électricien à Nivelles. À sa majorité, il vient s’installer à Gosselies. En 1976, il épouse Françoise Colin avec qui il aura deux enfants, des garçons. En 1983, il divorce alors qu’il connaît Michelle Martin depuis 2 ans déjà. Ils vivent ensemble et ont un premier enfant en 1984.

En 1988, alors qu’il est emprisonné à Jamioulx, Michelle Martin et lui se marient. Ils auront encore deux enfants, un garçon en 1993 et une fille en 1995.

Son parcours judiciaire commence à la fin des années 70. Ce sont d’abord des affaires de vols, de recel.

Un psychopathe

Les psychiatres et le psychologue qui ont examiné Marc Dutroux dans le cadre de procès en Assises à Arlon en 2004 l'ont décrit comme un parfait psychopathe. Ils ont estimé que Marc Dutroux n'avait rien à faire dans un établissement de défense sociale et que la psychopathie, qui est un trait de caractère et non pas une maladie, n'était quasiment pas amendable.

Un psychopathe est une personne asociale, insensible, narcissique, sans remords, incapable d'éprouver de l'amitié ou de l'amour. Un psychopathe se considère comme le centre du monde : tout ce qui autour de lui n'est là que pour ses besoins.

Viols et séquestrations

En 1986, le couple est arrêté pour des faits de séquestrations, enlèvements, viols de mineurs de moins de 16 ans commis entre 1983 et 1985. Ils seront condamnés à des peines de lourdes peines prison en 1989. Marc Dutroux sort de prison en 1992, il bénéficie alors d'une libération conditionnelle.

À l’automne 93, alors qu’il est toujours en liberté conditionnelle, plusieurs dossiers sont ouverts contre lui pour des affaires de vols. Des informations parviennent à la police, il aménagerait des caches pour enfants dans l’une de ses maisons. Des perquisitions sont menées et ne débouchent sur rien. Il est aussi mis sous surveillance, mais sans résultats.

En juin 1995, il enlève Julie et Mélissa, deux petites filles de huit ans et demi et de neuf ans. Leurs parents, qui habitent Grâce-Hollogne en région liégeoise, remuent ciel et terre pour tenter de les retrouver et lancent de vibrant appels aux éventuels ravisseurs. Les deux petites filles sont aux mains de Marc Dutroux et de ses complices. Elles sont séquestrées et violentées, maintenues en vie dans des conditions atroces, dans une cache minuscule, dans une ancienne citerne à eau située au domicile de Marc Dutroux à Marcinelle.

En août de la même année, alors que les enquêteurs du Royaume sont toujours à la recherche de Julie et Melissa, il enlève cette fois An et Eefje, 17 et 19 ans. Les deux jeunes filles passent des vacances a la côte belge. Elle ont raté le dernier tram après avoir assisté à un spectacle à Blankenberghe. Elles sont kidnappées alors qu'elles font de l'auto-stop. Elles sont elles aussi emmenées dans la maison de Marcinelle, mais il est trop compliqué pour Marc Dutroux de gérer à la fois la présence de Julie et de Melissa et celle d'An et Eefje dans un endroit aussi confiné. Dutroux décide alors d'éliminer ces dernières.

Dutroux n'en reste pas là. Il multiplie les délits, il vole, viole, intimide, organise quantités de trafics.

En novembre 1995, il séquestre a nouveau, avec Bernard Weinstein, un de ses complices trois jeunes Carolos. Il s'agit là d'un dossier de vol de voitures... C’est pour cette affaire qu’il est arrêté en décembre 1995. Il charge alors son épouse Michelle Martin de prendre "soin" des deux petites filles, Julie et Melissa, toujours en vie à l'époque et toujours séquestrées dans la cave de Marcinelle. Michelle Martin, pendant toute cette période de détention, dira avoir été effrayée à l’idée de descendre dans la cave. Elle ne nourrira qu’une seule fois les fillettes.

Perquisition ratée

Pendant l’incarcération de Marc Dutroux, des perquisitions sont menées à son domicile de Marcinelle, dans le cadre du dossier de Julie et Mélissa. La cave est alors visitée, notamment par le gendarme Michaux. Les enquêteurs entendront des chuchotements d’enfants, mais ils les attribueront à des voisins. Les gendarmes ne remarqueront pas la cache dissimulée derrière une étagère.

Dutroux est libéré en mars 1996, les fillettes sont mal en point, extrêmement affaiblies. Elles ne résisteront pas. Dutroux décide alors de les enterrer dans une autre de ses propriétés à Sars-La Buissière.

Quelques semaines plus tard, il décide alors en compagnie de Michel Lelièvre, d’enlever Sabine Dardenne, 12 ans. Elle se rend à l’école à vélo à Kain, le 28 mai 1995. Marc Dutroux est sur son chemin et l’enlève à bord d’une camionnette blanche. Elle est maltraitée et séquestrée pendant près de 3 mois.

Le 9 août 1996, les deux hommes enlèvent Laëtitia Delhez à Bertrix. Elle aussi est emmenée à Marcinelle et est enfermée avec Sabine qui avait "réclamé une copine". Mais, à Bertrix, sur les lieux de l'enlèvement des témoins ont repéré une camionnette blanche suspecte. L'un d'eux se souvient mêmes d'un fragment de la plaque minéralogique.

Les enquêteurs identifient le propriétaire du véhicule. Marc Dutroux est en ligne de mire. Le 13 août, il est interpellé à son domicile de Sars-la-Buissière en même temps que Michel Lelièvre, son complice, et de Michelle Martin, son épouse.

Il mettra trois jours à avouer et à "donner deux filles". Ainsi, le 15 août 1995, Sabine et Laetitia sont libérées de la cache de Marcinelle. Deux jours plus tard, ce sont les corps de Julie et Mélissa qui sont découverts enterrés dans le jardin de Sars-la-Buissière. En septembre, ce sont ceux d’An et Eefje qui sont découverts à Jumet, au chalet de Bernard Weinstein.

En juin 2004, à la suite du procès d’Arlon, il sera condamné à l’emprisonnement à perpétuité pour 5 assassinats. Il est reconnu comme le chef d’une association de malfaiteurs impliqués dans des enlèvements d’enfants, de séquestrations, de viols avec torture et de trafic de drogue.

L’évasion de Marc Dutroux

Le 23 avril 1998, alors qu’il demande à consulter son dossier au Palais de Justice de Neufchâteau, Dutroux est démenotté. Deux gendarmes sont chargés de sa surveillance. L’un d’eux doit s’absenter. L’occasion est trop belle. Marc Dutroux immobilise le gendarme, le déleste de son arme et prend la fuite.

Son évasion ne durera que quelques heures. Un garde-forestier le reconnaît dans sa fuite au beau milieu d’une forêt. L'incident, néanmoins, déclenche une vaste indignation publique. La Belgique est, une fois encore, montrée du doigt par la planète entière. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, le ministre de l'Intérieur, Johan Vande Lanotte, et le chef de la gendarmerie belge remettent leur démission.

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