Les 25 personnages clefs de l'affaire Dutroux: les 2 témoins de Bertrix

Benoit Tinant avait retenu un fragment de la plaque minéralogique de la camionnette blanche.
Benoit Tinant avait retenu un fragment de la plaque minéralogique de la camionnette blanche. - © DAVID MARTIN - BELGA

Le 10 août 1996, les gendarmes Jean-Pierre Peeters et Gilles Sevrin sont rappelés à la gendarmerie de Bertrix.

Laëtitia Delhez a été enlevée la veille. Ils pensent devoir participer aux battues organisées et s’équipent en ce sens. Mais le commandant Guissard leur demande de former la cinquième équipe d’enquêteurs. Personne à ce moment-là, ne pense à faire le lien avec les disparitions précédentes. Toutes les hypothèses sont envisagées même celle de la fugue.

Peeters et Sevrin se rendent donc à Bertrix et entreprennent de trouver des témoins. Ils se dirigent vers le dernier endroit où Laëtitia a été vue, aux alentours de la piscine communale.

Benoît Tinant et Sœur Etienne

Là, ils interrogent plusieurs jeunes filles, connaissances de Laetitia, qui les orientent vers l’ami de l’une d’elles, un certain Benoît Tinant, 22 ans et étudiant ingénieur. Il pourrait avoir vu quelqu'un de "suspect" aux abords des toilettes.

Il leur revient une autre info selon laquelle une religieuse se serait plainte de la présence d’une camionnette blanche. Il s’agit de Sœur Etienne de la maison de repos Saint-Charles, située rue du Culot. Cette dernière confirme ses dires. Il y avait bien une camionnette blanche qui faisait beaucoup de bruit et dégageait beaucoup de fumée.

Peeters et Sevrin rencontrent ensuite le jeune Benoît Tinant. Ce dernier n’a pas vu distinctement l’homme des toilettes. La piste, ténue, s’effondre. Mais à tout hasard, les enquêteurs lui demandent s’il n’a rien vu d’autre de suspect. Et là, Benoît Tinant a bien vu quelque chose, une camionnette blanche, de type Renault Traffic précisément.

Le véhicule était garé devant chez lui. Il s’en est inquiété pour deux raisons. La première c’est la tête du chauffeur. La seconde c’est que dans son garage laissé ouvert se trouvaient de nouveaux vélos. Benoît Tinant craint un vol.

Par une moyen mnémotechnique, Benoît retient un fragment de la plaque minéralogique "FRR 69 et 2 ou 7". Les gendarmes en prennent bonne note. De retour à la brigade, les deux hommes demandent l’aide du Bureau Central de Renseignement de la gendarmerie pour identifier le fragment d’immatriculation, leurs recherches à la DIV s’étant révélées vaines. Les résultats fournissent un nom aux enquêteurs : Marc Dutroux.

Quelques temps avant le procès, Sœur Etienne déclarait : "Je reste écœurée par ce qui s’est passé, cela doit être très dur pour les parents". Elle est venue témoigner à Arlon et n’a pu s’empêcher d’embrasser Sabine et Laetitia. En octobre 2009, les sœurs ont rejoint leur Confrérie à Nancy.

Après son témoignage au procès d’Arlon, Benoît Tinant est retourné à l’anonymat dont l’avait sorti cette sordide affaire.

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