Jean Lambrecks est le père d’Eefje, qui a été enlevée avec An, dans la nuit du 22 au 23 août 1995 dans la région d’Ostende. Il est certainement la personne, parmi les parents, la moins médiatisée de l’affaire Dutroux.
En vacances, au mois d’août à Westende, les deux jeunes filles étaient parties en tram au casino de Blankenberge pour assister à un spectacle d’illusionniste. Elles sont montées sur scène et ont été hypnotisées. Vers 22h30, elles ont quitté le casino, les caméras vidéo l’ont prouvé. Elles ont raté le dernier tram qui devait les ramener à Westende. Un employé de la société De Lijn les a reconnues formellement sur le quai à Ostende, vers 1h20.
Le lendemain soir, les parents, sans nouvelle de leur fille, se rendent alors à la police d’Hasselt pour y déclarer la disparition. Dès le départ, ils ne croient pas à une fugue. Vu leur âge, c’est pourtant la piste privilégiée par les enquêteurs. Au grand désespoir des parents, ce n’est dix jours plus tard que les recherches commencent réellement.
La longue attente
Pendant près d’un an les familles Marchal et Lambrecks n’ont que peu trop peu de réponses à leurs questions, il n’y a pas de piste, leurs filles se sont volatilisées, ils se sentent seuls et abandonnés.
Et puis l’espoir renaît le 13 août 1996 avec l’arrestation de Marc Dutroux et la découverte de Sabine Dardenne et de Laëtitia Delhez vivantes. Et si An et Eefje étaient elles aussi cachées quelque part ?
Jean Lambrechts se fait très discret dans les médias, dans les conférences, auprès des comités blancs, il participe rarement aux débats télévisés qui consacrent beaucoup de temps aux questions de disparition des enfants.
Les parents d’An et Eefje ont peu d’information sur le contexte de l’enlèvement de leurs filles, ils ne savent par exemple pas où elles ont exactement été enlevées.
Pendant de long mois, ils ont gardé espoir, ils ont rêvé de revoir leur fille vivante. Un espoir ravivé en août 1996, par la découverte vivantes , dans une cache de Marcinelle , dans la maison de Marc Dutroux, de deux autres jeunes filles qui avaient disparus quelques semaines plus tôt, Sabine Dardenne et Laëtitia Delhez. Malheureusement, les corps des deux adolescentes sont retrouvés le 3 septembre. Elles ont été enterrées dans la propriété de Bernard Weinstein, un complice de Marc Dutroux, à Jumet.
Le 28 août 2012, lors de la décision du tribunal de l’application des peines de Mons de se prononcer en faveur de la libération sous condition de Michelle Martin, Jean Lambrecks est furieux et déçu. "Je trouve cela très dommage. Je vais consulter mon avocat pour voir ce qu'il est possible de faire", a-t-il indiqué. Et de poursuivre : "Michelle Martin est autant coupable que Dutroux, et j'estime qu'elle aurait dû purger sa peine jusqu'au bout. Elle n'a pas apporté de nourriture à Julie et Melissa et les a laissées mourir de faim. Elle est aussi un assassin. Elle ne devrait être accueillie dans aucun couvent, pas même celui de Namur. Cette décision du tribunal est inacceptable".
En août 2015, il décide d’attaquer en justice les enfants de Marc Dutroux. Il leur réclame les montants des dommages et intérêts dus par Michelle Martin considérée comme insolvable après avoir refusé un héritage de ses parents au profit de ses enfants.
En septembre de l’an dernier, Jean Lambrecks a déposé un dossier au parquet du Limbourg demandant l’ouverture d’une enquête à propos de nouveaux éléments dans le dossier Dutroux. Il demande qu’une piste concernant une BMW série 3 noire fasse l’objet de nouvelles investigations.