Les 25 personnages clefs de l'affaire Dutroux: Jean-Denis et Louisa Lejeune

Jean-Denis et louisa Lejeune
5 images
Jean-Denis et louisa Lejeune - © POOL DOPPAGNE & LEBRUN - BELGA

Grâce-Hollogne, le samedi 24 juin 1995, à 18 heures, Louisa Lejeune se rend comme convenu au domicile Carine et Gino Russo pour y récupérer sa fille Julie partie jouer avec son amie Mélissa. Les deux fillettes ne sont pas rentrées, alors qu’elles devaient revenir pour 17 heures 30.

Les deux mères sillonnent les alentours en voiture, mais en vain. Elles avertissent alors les forces de l’ordre qui débarquent rapidement. Commence alors une longue et angoissante attente qui va secouer la Belgique entière durant quatorze mois.

Les parents, désespérés, donnent une conférence de presse 10 jours plus tard afin de retrouver les enfants. Ils lancent un appel aux ravisseurs. "Nous vous supplions de nous rendre nos enfants. Apportez-nous, je vous en prie, la preuve qu'elles sont en vie et qu'elles vont bien. Nous vous promettons de rester extrêmement discrets et de ne pas chercher à vous poursuivre. Notre seul et unique but est de les revoir", demande alors Jean-Denis Lejeune, le père de Julie.

Le long combat

Face à ce qu’ils considèrent comme des lenteurs de l’enquête, les parents se tournent vers le monde politique. "Nous voulions mettre la pression sur le ministre (Stefaan De Clerck) pour qu’il donne les moyens aux enquêteurs".

D’autres personnalités politiques sont également contactées, la famille royale aussi.

En août, Gino et Carine Russo, ainsi que Jean-Denis et Louisa Lejeune adressent une lettre de 10 pages aux députés, sénateurs et ministres, ils y expliquent leur situation et pointent les lacunes de l’enquête. Ils multiplient les démarches et tentent de déplacer les montagnes. En vain.

En janvier 1996, alors que les dons affluent de toutes parts, les parents Russo et Lejeune fondent l’ASBL "Julie et Mélissa, N’oubliez Pas", une réponse au flux de sympathie populaire pour soutenir les actions des familles.

Le 13 août, Marc Dutroux est arrêté et passe aux aveux. Les corps de Julie et Mélissa seront découverts à Sars-la-Buissière dans une propriété de Bernard Weinstein, ancien complice de Dutroux.

Les manifestations diverses se succèdent. Pétitions, mises sur pied de comité citoyens, création de comités blancs, jusqu’à cette Marche Blanche du 20 octobre 1996 en mémoire des enfants disparus qui a rassemblé plus de 300 000 personnes dans les rues de Bruxelles.

La poursuite du combat... à jamais

En 1997, dans la foulée de la Marche Blanche, Jean-Denis Lejeune prend l’initiative de créer ce qui deviendra en mars 1998 "Child Focus" sur le modèle américain du National Center for Missing and Exploited Children. Il s’y dépensera sans compter durant 8 années.

En 2005, il rejoint alors les services de Claude Lelièvre, délégué général aux droits de l’enfant pour la Communauté française.

Dans "Dis à ma fille", un livre émouvant paru en 2007, Jean-Denis Lejeune se raconte, raconte son histoire, son combat "du pot de terre contre le pot de fer".

Il continue à trouver la force de vivre grâce à son ASBL Objectif Ô, créée en 2008 dont la mission est de permettre l’accès à l’eau potable dans les pays en voie de développement.

Il a été candidat à la Chambre dans la circonscription de Liège aux législatives de 2010 sur la liste cdH.

En décembre 2011, il entre au cabinet du secrétaire d'État à l'Énergie, Melchior Wathelet.

Le 19 août 2012,il organise une marche à Bruxelles en faveur d’une réforme rapide de la justice et contre la libération de Michèle Martin.

Il se présente à Flémalle sur la liste Intérêts communaux pour les élections communales du 14 octobre 2012 et est élu conseiller communal.

Pour le papa de Julie, il reste deux priorités : connaître la vérité en ce qui concerne Julie et Mélissa et mettre en place une réforme de la justice qui empêchera toute remise en liberté précoce de Dutroux.

À l’annonce de la libération conditionnelle de Michelle Martin, le 28 août 2012, Jean-Denis Lejeune exprimait sa vive émotion : "C’est dur de savoir que la personne qui est responsable de la mort de sa fille est en liberté tellement vite, ça peut faire peur. C’est un coup en plus, on va essayer d’assumer le coup".

Peu après sa libération, Michelle Martin sollicite une entrevue avec Jean-Denis Lejeune qui accepte après réflexion. Cette rencontre se fait à proximité du couvent de Malonne en présence d’un représentant de l'ASBL Médianes, spécialisée dans la médiation entre victimes et auteurs de faits criminels.

Vingt ans après la disparition, Jean-Denis Lejeune a publié une lettre à sa fille sur Facebook. "J’en veux toujours à mort à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont responsables et coupables de ta disparition, à ceux qui t’ont lâchement laissée mourir dans cette citerne d’eau de pluie aménagée en cache pour vous 'accueillir', mais aussi à tous ceux à qui nous avons été contraints de faire confiance (police, gendarmerie, magistrats). Combien de fois n’avons-nous pas entendu : 'Faites confiance aux professionnels' ? On n’avait pas le choix, on a bien dû faire confiance, c’est le système, mais jamais je ne pardonnerai !".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK