Burundi: Nkurunziza offre l'amnistie à ceux qui déposeront les armes d'ici 5 jours

Pierre Nkurunziza lors d'un discours le 20 août 2015.
Pierre Nkurunziza lors d'un discours le 20 août 2015. - © GRIFF TAPPER - AFP

Le président burundais Pierre Nkurunziza a promis à ceux ayant pris les armes dans le cadre de la contestation de son 3e mandat controversé, qu'ils ne seraient pas poursuivis s'ils se rendaient d'ici cinq jours.

"Le gouvernement, qui est un parent pour tous, vous donne cinq jours, depuis ce 2 novembre jusqu'au 7 de ce mois, pour renoncer définitivement à cette voie" de la violence, leur a lancé le chef de l'Etat, dans un discours à la Nation en langue nationale kirundi, diffusé sur les ondes publiques.

"Vous serez accueillis par les forces de l'ordre, on vous apprendra à aimer votre pays pendant deux semaines, puis vous serez renvoyés parmi les vôtres", a ajouté Nkurunziza, sans autre détail, avertissant qu'il s'agissait du "dernier appel" lancé aux insurgés.

Selon le porte-parole adjoint de la présidence, Jean-Claude Karerwa, interrogé par l'AFP, "cela signifie que ceux qui se rendront avant la date-limite vont bénéficier d'une amnistie". "Après leur 'formation civique', ils vont rentrer chez eux, il n'y aura pas de poursuites judiciaires", a-t-il souligné.

Nkurunziza, qui avait promis lors de sa prestation de serment fin août de ramener la paix et la sécurité dans les deux mois, a assuré que cet objectif avait été rempli "à 92%", sans autre précision.

"Petits groupes de tueurs"

Le président burundais a appelé lundi la population à aider la police à détruire les "petits groupes de tueurs" qui sont encore à l'oeuvre.

Il a également annoncé l'organisation d'un "dialogue national (...) dans un esprit de concertation qui va faire l'admiration de la communauté internationale". Sourdes aux pressions de leurs partenaires internationaux, les autorités burundaises ont déjà promis l'ouverture d'un dialogue national, mais ont jusqu'ici refusé que les principaux opposants au 3ème mandat de Nkurunziza, réélu le 21 juillet, y prennent part.

L'annonce fin avril de la candidature de Nkurunziza à ce 3ème mandat a plongé le Burundi dans une grave crise politique émaillée de violences. L'opposition, la société civile et une partie du camp présidentiel jugent ce nouveau mandat contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006).

Les autorités ont maté à la mi-mai une tentative de putsch et étouffé un mois plus tard six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura. Mais les violences se sont intensifiées, avec notamment des assassinats ciblés de figures des deux camps, des attaques contre la police, des exécutions sommaires et des accrochages entre groupes armés et forces de sécurité dans plusieurs régions, notamment dans les zones frontalières du Rwanda.

Samedi, des combats entre membres présumés d'un groupe armé et forces de sécurité ont été signalés pour la première fois dans la région du Bujumbura rural, qui surplombe la capitale burundaise.

Le Bujumbura rural est le fief des FNL, qui fut une des principales rébellions hutu ayant affronté l'armée alors dominée par la minorité tutsi durant la guerre civile, avant de devenir un parti d'opposition au parti présidentiel CNDD-FDD, autre ex-rébellion hutu.

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