Burundi: l'UA salue la reprise lundi du dialogue mais veut se déployer

La présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini Zuma, s'est félicité vendredi de la reprise imminente du dialogue inter-burundais, prévue lundi en Ouganda, tout en appelant le président Pierre Nkurunziza à autoriser le déploiement rapide d'une mission de paix africaine au Burundi, plongé dans une grave crise politique.

Mme Dlamini Zuma a assuré dans un communiqué continuer de suivre de près la situation au Burundi et les efforts visant à trouver une solution rapide et pacifique à la crise actuelle, née de la contestation d'un troisième mandat de M. Nkurunziza.

"Dans ce contexte, elle se félicite de la reprise imminente du dialogue inter-burundais, prévue à Entebbe, en Ouganda, le 28 décembre", sous les auspices du président ougandais Yoweri Museveni, ajoute le communiqué, reçu à Bruxelles.

La présidente de la Commission de l'UE a appelé toutes les parties prenantes burundaises "à apporter leur entière coopération à la Médiation et à placer l'intérêt de leur pays et de son peuple au-dessus de toute autre considération".

Un déploiement qualifié de "force d'invasion et d'occupation" par Nkurunziza

Elle a écrit à M. Nkurunziza pour solliciter l'accord du gouvernement burundais en vue du déploiement rapide de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) et de la mise en œuvre effective de son mandat.

L'UA a annoncé en fin de semaine passée le déploiement d'une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), forte de 5000 hommes et pour une durée de six mois renouvelables.

Mais le gouvernement burundais en a rapidement rejeté le principe et prévenu que si l'UA devait mener à bien ce déploiement sans son aval, cette mission serait alors considérée comme une "force d'invasion et d'occupation".

Dans sa lettre, Mme Dlamini Zuma souligne encore que l'UA n'a d'autre objectif que d'"aider le gouvernement et le peuple burundais à un moment où la nécessité d'une telle assistance se fait ressentir de façon pressante", conformément à son engagement à promouvoir "des solutions africaines aux problèmes africains".

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril de M. Nkurunziza à un troisième mandat, que l'opposition, la société civile et une partie de son camp jugent contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006) entre l'armée dominée alors par la minorité tutsi et des rébellions hutu.

La mise en échec du coup d'Etat en mai, la répression brutale de six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura à la mi-juin et la réélection de M. Nkurunziza lors d'un scrutin controversé à la mi-juillet n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées.

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